Dramane, le gardien de Nayanka Bell, encore au tribunal aujourd’hui : l’avocat Koudou Dogo dénonce

Après Nayanka Bell, Warma Assana, dit ‘’Dramane’’ 64 ans, de nationalité burkinabè, gardien des 118 hectares des terres cultivables de  l’artiste qui est poursuivi, comme sa patronne avant lui, pour les faits destruction, à la tronçonneuse, de plants faits de mains d’hommes, d’une superficie de 10 hectares.

Appelé à la barre, au tribunal d’Agboville, le jeudi 24 mai 2018, il a dit, à la lecture du chef d’accusation par la juge : « Je suis surpris Mme la présidente, parce que je ne sais pas de quoi on parle. Surtout que je n’ai aucun moyen pour le faire. Je n’ai pas d’argent pour solliciter le service des gens pour cette tâche… »

Devant cette réaction, le principal plaignant, Nanga  Emile, également burkinabè revient à la charge : « Warma sait qu’il a embauché un groupe de jeunes pour venir détruire mes plantations à la tronçonneuse. Ils ont tout détruit, une plantation d’une trentaine d’années de travail… ». Lorsque la Présidente du Tribunal demande s’il a lui-même été témoin de la destruction de ses cultures, il répond que les faits lui ont été rapportés par des témoins oculaires. Présents dans la salle d’audience, ceux-ci sont aussitôt appelés à la barre par la juge. Kaboré Ambroise dans son témoignage enfonce le clou en indiquant formellement reconnaître ‘’le principal scieur’’ des plants de la plantation. Une accusation qui fait aussitôt bondir Maître Dogo Martin Koudou, l’avocat de la défense et de Nayanka Bell qui demande la parole.

 « Ce monsieur, Kaboré Ambroise est déjà dans une autre procédure avec Nayanka Bell. Il a déjà un jugement en civil ici à Agboville qui lui est favorable, et nous avons fait un appel devant la Cour d’appel, qui n’est pas encore tranché. Et il revient cette fois, comme témoin. Mais quel est ce témoin ? Est-ce que c’est un témoin objectif ? Toute la question est là », interroge l’homme de droit.

Une remarque que la juge dit noter , sans toutefois rejeter sur le champ le témoignage récusé. Le prochain rendez-vous a été fixé au 28 juin 2018, date à laquelle le ‘’scieur’’ présumé sera convoqué devant le Tribunal, après avoir été entendu par la gendarmerie. Une audition qui sera ajoutée au dossier pour plus d’éclairage dans cette affaire.

La réaction de Maître Dogo

«Aujourd’hui, comme vous l’aviez vous-même constaté, l’audience n’a rien révélé qui puisse montrer que mon client est coupable des faits qu’on lui reproche, d’autant plus que le plaignant dit que des personnes auraient vu le client détruire les plants. Lui-même n’a pas identifié mon client. Il dit qu’on lui aurait rapporté que c’est lui. Et ce matin, il y a deux personnes aussi qui sont venues pour témoigner en faveur du plaignant pour dire que c’est lui. Sans toutefois dire formellement qu’on l’a vu en train de couper ces plants. Le magistrat a donc demandé que celui là même qui aurait été mandaté par mon client pour détruire les plants, soit entendu par la gendarmerie. Je crois que cela aurait dû être fait. Quoi qu’il soit, il n’est jamais trop tard. Cette personne sera donc entendue et elle nous dira sa part de vérité.

Mais ce qui est certain, je constate que cette situation continue, et même le gardien de Nayanka Bell qui avait été relaxé dans une autre procédure pour destruction de plants, se retrouve encore aujourd’hui devant le Tribunal d’Agboville, sans comprendre d’ailleurs pourquoi il était convoqué. Et vous avez vu que cette procédure est initiée par les mêmes personnes et non pas décidée par le parquet d’Agboville. (…)

On nous parle de 10 hectares que le scieur des bois aurait scié à la tronçonneuse, alors que nous ne savons pas en combien de jours. Nous attendons de voir puisque cette précision, nous ne l’avons pas. Quand ce scieur sera là, il nous dira qui lui avait donné ces instructions, et pendant combien de temps il a pu détruire dix hectares à la tronçonneuse et qui l’a réellement vu. Et si effectivement il l’a fait, ceux qui disent que c’est mon client qui a donné les instructions, pourquoi ne l’ont-ils pas interpelé le même jour, alors qu’il détruisait les plants, et on se retrouve aujourd’hui dans une procédure de citation directe et non pas de flagrant délit ».

De leur côté, les plaignants n’ont pas souhaité faire de commentaires.

Claude Dassé

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Dernière modification le 24/05/2018

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