Côte d’Ivoire-Taï : les grandes communes doivent soutenir les petites (Hipolyte Bayala, maire)

Enclavée entre le célèbre parc national de Taï et le fleuve Cavally dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, la ville de Taï manque d’infrastructures dignes d’un chef lieu de département. Pourtant la nouvelle équipe municipale, pense que Taï n’est pas au bord du gouffre. État des lieux.

La localité de Taï est située à 620 km de la capitale, Abidjan, et à 85 km du chef lieu de région, Guiglo. Nous sommes dans le Cavally vers la frontière libérienne. À l’évocation de son nom, touristes et nationaux pensent au parc national de Taï, inscrit au  patrimoine mondial de l’Unesco. Derrière cette zone de l’écotourisme qui accueille chaque année de milliers de visiteurs, se cache une vie de misère et de calvaire des populations.

La ville de Taï avec ses 20.000 habitants vit en dehors de tout système d’intégration et de développement : pas de marché pour les commerçantes, pas de voies ouvertes entre les quartiers de la ville, faible débit d’Internet, pas un seul centimètre de bitume. Pour l’éclairage, la ville compte sur deux groupes électrogènes. Ville riche par sa densité forestière, par son parc, par ses productions agricoles et par sa proximité avec le Libéria et la Guinée, Taï reste enclavée.

« Nous sommes à la tête de la municipalité depuis seulement 5 mois. Nous avons immédiatement attaqué le problème des ordures. En espace de quelques semaines nous avons mis Taï en l’état. C’est une ville propre, désormais. Nous sommes entrain de construire une nouvelle  mairie avec toutes les commodités. Nous faisons les ouvertures de voies et le reprofilages de certaines artères de la ville, mais aussi de la commune. Concernant la route Taï-Guiglo, qui est une voie nationale, nous avons eu la ferme assurance du gouvernement à travers notre présidente de région (Anne Ouloto, NDLR) de voir cette route bitumée avant 2020. Pareil pour la route Taï-San Pedro en passant par Tabou, Grabo dans le canton Oubi. Pour le marché, nous sommes en discussion avec un nouvel opérateur qui d’ici deux mois devrait commencer les travaux de réhabilitation. Sur la question de l’électrification, les poteaux électriques sont installés et très bientôt la ville de Taï ne sera plus alimentée par deux groupes électrogènes, mais reliée directement au réseau national. L’autre combat, c’est la gestion du Parc national. Contrairement aux villes européennes riveraines des parcs nationaux, choyées par l’État et soutenues par les gestionnaires du parc, la commune de Taï ne perçoit aucun dividende du circuit touristique du parc. Enfin vous comprendrez qu’avec un budget de moins de 200 millions de Fcfa, aucune commune au monde ne peut se développer. Voilà pourquoi, nous souhaiterions que les grandes communes qui ont les moyens soutiennent les petites. Notre équipe est aussi en contact avec des investisseurs extérieurs, en France et aux USA pour le bonheur de nos populations » a confié à Afrikipresse,  Hipolyte Bayala, le nouveau maire de la commune de Taï.

Philippe Kouhon

Dernière modification le 25/03/2019

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