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Côte d’Ivoire : 3 catégories d’étudiants à l’étranger (Lamoussa Diabaté)

Titulaire d’un doctorat en médecine vétérinaire, d’un Master II en Biostatistique et Bio-informatique et chercheur au Chu de Québec au Canada, Lamoussa Diabaté, président de l’association des étudiants ivoiriens de la diaspora, évoque dans cet entretien avec Afrikipresse la vie de son association et les projets qu’elle porte notamment en matière d’éducation de la jeune fille en Afrique.


Quand est-ce qu’est née l’association des étudiants ivoiriens de la diaspora ?

L’Association des Étudiants de la Diaspora Ivoirienne (AEDI) est une très jeune structure qui a vu le jour le 08 Octobre 2017.

 

Quels sont les objectifs de cette association et combien de membres pouvez-vous revendiquer ?

Nous avons trois principaux objectifs. Tout d’abord, nous souhaitons, fédérer l’ensemble des étudiants ivoiriens de l’extérieur afin de pouvoir mieux représenter leurs droits. Il est de ce fait possible à une association d’étudiants ivoiriens déjà constituée d’adhérer à l’AEDI comme il est également possible à des individus d’adhérer à l’association. En plus de pouvoir représenter leurs droits, nous souhaitons faciliter l’intégration des nouveaux étudiants dans leur ville d’accueil à travers nos structures de bases.

Secundo, notre association s’est donné pour objectif de renforcer les compétences des étudiants par l’organisation d’activité scientifique telles que des journées d’entrepreneuriat, des conférences, des causeries-débats pour ne citer que ceux-là.

Et enfin, l’AEDI veut s’impliquer de façon active pour une meilleure éducation de nos jeunes frères et sœurs restés en Afrique par l’organisation de projets sociaux.
Concernant le nombre de membres de l’AEDI, il nous sera difficile de donner un chiffre exact. C’est d’ailleurs l’une des contraintes de notre ministère de tutelle qui souhaite recenser les étudiants ivoiriens de la Diaspora. Nous nous mettons donc à leur disposition pour cela. Cependant, nous avons à ce jour des membres des quatre coins du monde : au Canada, en France, en Chine, en Algérie, en Europe de l’est et bien d’autres encore.

 

Quelle est la situation générale de vos membres, y a-t-il des étudiants en situation irrégulière ou en difficultés financières ? Comment vous gérez tout ça ?

Je dirai qu’on rencontre trois catégories d’étudiants ivoiriens à l’étranger. Nous avons ceux qui bénéficient d’une bourse financière de l’Etat de Côte d’Ivoire. Ils sont très peu étant donné que les moyens de l’État sont limités. J’inclurai parmi eux, les étudiants qui bénéficient de bourses provenant d’autres sources (Ambassade, contrats doctoraux, etc). Ces derniers ont une situation relativement stable et sont ceux qui réussissent le mieux s’en sortir.

Ensuite, il y a la catégorie des étudiants qui se débrouillent. Ils n’ont aucun financement et à défaut d’avoir des parents nantis qui assurent leur scolarité, ils se retrouvent le plus souvent dans des situations de précarités. Quand il faut réfléchir pour payer son loyer et manger, faire des études devient secondaire.

La troisième et dernière catégorie est celle des stagiaires. Il peut s’agir de personnes déjà en fonction au pays qui viennent pour compléter un cycle ou pour une formation de courte durée.
Des étudiants en situation irrégulière, oui il en existe et c’est plus fréquent en Europe notamment en France surtout à cause de la politique des autorités françaises.

 

Quelles sont vos relations avec le gouvernement ivoirien ?

Nos relations avec le gouvernement sont bonnes et cordiales. Nous sommes fréquemment en contact avec la direction des ivoiriens de l’extérieur. Et tout récemment, j’ai moi-même participé avec mon premier vice-président, par ailleurs président du Bureau de l’Europe, Moustapha SIDIBÉ, aux États généraux de la jeunesse. Nous avons pris part à cet évènement en tant que représentant des étudiants de la Diaspora.

Je profite de l’occasion pour remercier le Ministre Mamadou TOURÉ de la Promotion de la Jeunesse et de l'Emploi des Jeunes pour cette très belle initiative. Nous espérons que les recommandations formulées lors de cette activité permettront une meilleure prise en charge des problèmes de la jeunesse ivoirienne en général.

 

La question de la scolarisation de la jeune fille vous tient à cœur ? Pourquoi ?

Je l’ai dit un peu plus haut, s’impliquer dans l’éducation de nos jeunes frères et sœurs est un des objectifs de l’AEDI. Nous avons de ce fait mis en place un projet dénommé projet social « SOUTRALI ». Nous ciblons un problème précis en rapport avec l’éducation des enfants et nous apportons notre soutien.

C’est ainsi que l’année passée, nous avons, avec notre partenaire et les étudiants ivoiriens en Chine, distribué à plus de 700 enfants de Duékoué des lampes solaires pour leur permettre d’étudier dans de bonnes conditions. J’aimerais d’ailleurs souligner la participation remarquable de la Fédération des Amicales de Ressortissants Ivoiriens au Sénégal (FARIS) qui a permis la concrétisation du projet. Et cette année, nous avons décidé de venir en aide aux jeunes filles.

Nous ne cessons de le dire, éduquer des enfants est un enjeu crucial pour toute société qui aspire à un développement durable. Malheureusement, l’Afrique est la région du monde où le taux de non-scolarisation des enfants reste élevé et celui de la jeune fille l’est encore plus. Les dernières données de l’UNESCO estiment que 9 millions de filles africaines n’iront jamais à l’école contre 6 millions de garçons. Voilà pourquoi nous voulons aider les jeunes filles africaines.

 

Vous avez lancé un projet « SOUTRALI », en quoi consiste-t-il ? Et quelles sont vos attentes ?

Le projet SOUTRALI vise justement à récolter des fonds ici à l’étranger pour ensuite financer une cause éducative en rapport avec les enfants. L’objectif se présente sous trois volets : récolter de l’argent, faire la promotion de la culture africaine notamment celle de la Côte d’Ivoire d’où le choix du nom SOUTRALI et enfin inciter nos ainés à s’impliquer dans cette cause. Nous étant étudiants et donc limités financièrement, nous ne pouvons que mettre en place des aides ponctuelles. On espère que nos ainés feront la suite du travail pour ces enfants.

La campagne de 2019, placée sous le thème « Une écolière-Une bourse » fut lancée le jeudi 24 janvier 2019 à l’Université Laval (Québec, Canada). Nous l’organisons avec une association française du nom de Cri de l’enfant et nous souhaitons financer la scolarité de 100 filles de Ferkessédougou et de 100 filles de Cotonou (Benin). Pour cela, nous souhaitons pouvoir récolter environ 5 millions (10.500 dollars Canada). Le projet se déroule en trois phases comprenant une campagne de sociofinancement en ligne et via mobile money (que nous allons lancer très prochainement), une phase d’activité culturelle dont un diner gala caritatif et enfin la phase de distribution des bourses dans les régions concernées. Nous invitons toutes les personnes de la Diaspora et du pays, à bien vouloir nous aider à aider ces enfants-là.

Yaya Kanté

 

Dernière modification le 19/02/2019

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