Campus Cocody Zasso agressé : « des badauds m’ont traité d’espion à la solde de Ouattara »

Après son agression en fin d’après-midi du vendredi 29 mars 2019 sur le campus de l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody, Zasso Patrick dit « Englobal » saisit la gendarmerie et explique.

 

Nous avons appris ce jour que vous avez été victime d’une agression physique sur le campus de l’Université Félix Houphouët Boigny à Abidjan, Cocody. Pouvez-vous nous expliquer les faits ?

J’ai eu des rencontres à l’Université. Aujourd’hui (vendredi 29 mars 2019 : Ndlr), aux environs de 17h, je me suis rendu à l’Université à la suite de l’appel d’un ami et c’est une fois sur place que j’ai découvert la beauté des lieux. Ce qui m’a vraiment impressionné et sur place, à l’aide de mon portable, j’ai fait une vidéo. Quelques instants après, j’ai vu des gens qui couraient de partout, avec certains, armés de gourdins. Ils se dirigeaient tous vers moi. Ils se sont faits passer pour les responsables de l’Université, avant de me demander si j’ai eu une autorisation pour faire ma vidéo. (…) J’avoue que lors de ces échanges houleux, j’ai compris beaucoup de choses. Comme d’habitude d’ailleurs.

Qu’avez-vous compris, par exemple ?

C’était plutôt la politique. Les propos injurieux à mon encontre qui avaient plutôt des portées politiques. Ils m’ont dit : ‘’Monsieur Zasso, vous montrez l’Université, c’est de la politique que vous faites, alors qu’en dehors de ces bâtiments, nous avons beaucoup de problèmes’’. Et j’ai répondu pour leur dire : «Ces infrastructures sont déjà faites, ce qu’il faut saluer. Maintenant, à travers la vidéo, je vous donne l’occasion d’égrener publiquement et en direct, vos nombreux problèmes aussi bien aux autorités qu’à l’opinion publique. C’est un cadre, une occasion que je vous offre pour exposer ce qui ne va pas…». C’est en entre autres ce que je leur ai tenu comme discours. Tout d’un coup, ils m’ont traité d’espion de Ouattara et les coups ont commencé à pleuvoir sur moi. Dans leurs propos, ils sont revenus sur les événements de 2010, mon débat à la RTI, la crise postélectorale, des incidents qui ont jonché la vie politique etc. J’ai tout de suite tout compris. Je n’ai vraiment pas l’envie de revenir sur les propos tenus. Cela n’a pas été facile pour moi, parce que je me suis rappelé de beaucoup de  choses. J’ai souffert ! Ce sont des choses passées sur lesquelles je ne voudrais pas revenir. Ce n’est pas important. En réalité, mes agresseurs n’étaient pas des étudiants. C’était des badauds. Les vrais étudiants étaient à l’aise lorsque je présentais la vidéo. Mais ceux qui étaient venus après, je me suis dit que ce n’était pas des étudiants.

Comment s’est réellement passée l’agression dont vous faites cas ?

C’était des coups de poing, des jets de pierre mais moi aussi, je ne pouvais pas me laisser faire. J’en ai distribué aussi, les coups de poing. Des agressions verbales etc. Mais ils ont compris qu’ils avaient aussi quelqu’un en face d’eux. On dirait qu’ils ne savaient pas que c’était moi Zasso parce que lorsqu’ils ont su que c’était moi, cela a un peu apaisé les choses. Mais ils avaient déjà commis beaucoup d’erreurs.

Semble-t-il que ce qui a provoqué la colère des étudiants c’est votre discours les appelant à soutenir Hamed Bakayoko pour le compte du RHDP, lors des élections de 2020 ?

Non, jamais ! Il y a la vidéo devant vous, visionnez-là. Qu’est-ce que HamBak à avoir avec tout ça ? Je suis allé saluer quelqu’un et j’ai été frappé par la beauté de l’Université. C’est tout. Et cette action anodine à vouloir filmer l’endroit à malheureusement pris une autre tournure. Si je veux faire une conférence, ce n’est pas dans les artères du campus mais plutôt dans une salle. Pas dehors, en tout cas !

Quelle leçon tirez-vous de cet incident ?

D’abord, je vous apprends que j’ai déposé une plainte auprès de la gendarmerie nationale. J’ai compris qu’il y a encore beaucoup de  choses à faire. J’ai surtout compris que la source de l’incident est sur des bases politiques. Certains étudiants se permettent tout, parce qu’ils sont protégés par le système. Je suis allé à la gendarmerie, et là-bas, j’ai écouté beaucoup de choses. Lorsque des étudiants posent de tels actes, ni la police, ni la gendarmerie ne peut intervenir. Enfin, je comprends beaucoup de choses . J’ai tout compris parce que j’ai senti beaucoup de colère, beaucoup de haine. Ils attendaient aussi beaucoup de moi, mais ils ont procédé par la mauvaise manière possible (…). Ils n’avaient pas besoin de confisquer mon téléphone, de m’agresser, de m’insulter, de me traiter d’espion à la solde de Ouattara. C’est vraiment malheureux !

Claude Dassé

 

Dernière modification le 30/03/2019

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