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Zasso «En global » : Est-ce normal qu’on ne connaisse pas encore le successeur de Bédié et Ouattara?

Ex-pro Ouattara , devenu un soutien de Gbagbo dans l’entre deux tours de la présidentielle de 2010 , avant d’aller en exil, Zasso Tagro Armand Patrick dit ‘’En global ’’ ( une expression qu’il a utilisée lors d’un débat télévisée durant la présidentielle ), est revenu en Côte d’Ivoire il y’a quelques semaines. Interview !

 

Comment portez-vous, après votre retour d’exil ?

Je me porte très bien. Merci !

 

Savez-vous que votre retour au bercail a suscité des spéculations ?

Oui, je le sais. Ce qui est tout à fait normal.

 

Mais dites-nous, qu’est-ce qui vous a poussé à prendre le chemin de l’exil ?

Je suis allé en exil à la suite d’une crise politique comme tout le monde le sait. Pour ma sécurité, j’étais obligé de sortir du pays. Et c’est ce qui a été fait.

 

Dès votre retour, on vous a vu, vous afficher auprès du ministre d’Etat Hamed Bakayoko qui vous a accueilli à bras ouverts. Vous aviez des liens très poussés avec le pouvoir actuel, malgré votre incursion au sein de l’ex-majorité présidentielle, donc votre départ en exil a surpris, plus d’un ?

Comme je l’ai dit, depuis la Suisse, j’étais toujours préoccupé par le combat de développement, donc, lorsque j’ai appris que Hamed Bakayoko et Fabrice Sawégnon étaient candidats aux municipales, d’abord sur les réseaux sociaux, j’avais commencé le combat en leur apportant mon soutien. J’ai procédé ainsi parce que je me suis dis que le vrai développement doit commencer par les communes, et il faut des hommes compétents qui ont su se construire, à la tête des communes. Puisque ces derniers pourraient apporter plus de développement aux communes. Et comme je les connais, et connaissant leurs ambitions pour leur commune respective, je suis arrivé pour leur apporter mon soutien.

 

On vous a vu à la télévision, en 2010, l’entre deux tours aux élections présidentielles, lors d’un débat télévisé pour le compte du RDR (RHDP). Puis, à notre grande surprise, vous avez apporté votre soutien à Laurent Gbagbo, pendant la même campagne. Aujourd’hui, après votre retour d’exil, vous militez à nouveau pour le RDR. Ce qui pousse vos détracteurs à vous traiter ‘’d’opportuniste’’ de ‘’traître’’. Que leur répondez-vous ?

Oh ! C’est leur opinion, moi, je respecte toutes les opinions…Ce qu’il faut comprendre, moi, je suis un homme politique. Je suis même allé en exil, ce qui m’a permet de savoir ce que c’est que la politique. Un homme politique ne doit pas vivre en autarcie, il ne doit pas se replier sur lui-même. Suivre Laurent Gbagbo n’est pas une fatalité pour moi, je l’ai fait et je l’ai assumé. Mais je connais le contexte donc je ne rentre pas pour le moment dans ce débat. Ce qui est aujourd’hui important pour moi, c’est comment faire pour apporter ma contribution au développement de mon pays. Surtout à la stabilité du pays, ce qui doit être fait dans ce sens. C’est avant tout, ma priorité, au de-là des positions qu’on ait soutenu, Laurent Gbagbo ou Ouattara au deuxième tour…Ce sont des choses qui sont arrivées et que je ne regrette pas, mais un homme politique ne doit pas vivre en autarcie… Donc pour moi, c’est normal que je vienne soutenir Hamed Bakayoko, cela ne cause même pas de problème. Maintenant, ceux qui veulent en faire une quelconque interprétation, ça c’est leur opinion que je respecte. J’ai soutenu Laurent Gbagbo, c’était dans une situation que les Ivoiriens auront plus tard à découvrir mais pour l’instant, il faut passer à autre chose, et aller de l’avant.

 

En 2010, quelles sont les conditions dans lesquelles vous avez décidé contre toute attente de soutenir Laurent Gbagbo au deuxième tour de la Présidentielle ?

Je crois que ce débat ne doit pour l’instant pas être d’actualité parce que pour l’instant, nos amis sont à la Cour pénale internationale, je ne voudrais pas mettre les uns et les autres mal à l’aise. Mais ce qui est important, Zasso est là, Zasso est revenu, pour voir, observer, comment les choses se passent et puis, revenir véritablement pour se mettre à la disposition de son pays. C’est ce qui est pour le moment important dans le combat actuel dans lequel nous sommes.

 

Vos détracteurs vous taxent ‘’d’espion’’ pour le compte de Ouattara, qui s’est introduit dans le camp Gbagbo ?

Avant même de soutenir Ouattara en 2010, j’étais d’abord dans les ‘’Agoras’’ et ‘’Parlements’’, peut être que ça, vous ne le savez pas.

 

Justement nous le savons, raison pour laquelle nous vous posons la question ? Votre ‘’infiltration’’ a pris forme depuis les ‘’Agoras’’ et les ‘’Parlements’’, semble-t-il ?

Je ne sais pas ce que ces mots ‘’espion’’, ‘’infiltré’’ et autres veulent dire en politique. Je ne sais vraiment pas ce que cela signifie mais je comprends. Dans nos états, francophone, on n’a pas encore compris beaucoup de choses de la politique. Sinon Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié étaient tous ensemble sous le régime Gbagbo. Ils ont signé des accords, ils ont tout fait ensemble. Même avec Guillaume Soro, ils étaient tous ensemble, malgré notre opposition à cette Accord, mais nous avons pris acte et nous avons même accompagné cet Accord politique de Ouagadougou. Nous avons respecté le choix de Laurent Gbagbo en signant cet accord avec Guillaume Soro. Moi, je pense qu’il faut qu’on respecte aussi la position de Zasso qui estime qu’aujourd’hui ce qui doit être important, c’est d’accompagner le processus de paix et de développement qui sont actuellement engagés par le président de la République Alassane Ouattara, puisque c’est lui qui est au pouvoir. C’est ce que nous devons tous comprendre. Nous devons donc nous adapter à ce régime comme nous l’avons fait avec Bédié, Gueï, Gbagbo et aujourd’hui Ouattara.

 

L’entourage du Président Ouattara évoque une éventualité de son 3ème mandat. Qu’en pensez-vous ?

Je ne souhaite pas qu’il fasse un troisième mandat parce que pour moi, il a déjà autour de lui des personnes, de jeunes cadres qu’il a bien formés et qui peuvent poursuivre valablement l’œuvre qu’il a entamée…Je m’oppose donc à ce troisième mandat du président puisqu’il a des hommes compétents autour de lui qui peuvent faire l’affaire.

 

Vous pensez à Hamed Bakayoko, par exemple ?

Ce n’est pas un sujet tabou, et moi je vous dis que Hamed Bakayoko peut faire l’affaire en 2020. Il sera un très bon ‘’produit’’ pour le compte du RHDP, en 2020.

 

Nous sommes en plein procès du président Laurent Gbagbo. Quel commentaire faites-vous de ce procès et de sa libération vivement attendue par ses partisans ?

Je regrette que le président Gbagbo soit à la Cour pénale internationale. Je fais partie des gens qui se sont vraiment impliqués lors d’une audience que nous a accordée feu le président John Atta Mills lorsque nous étions au Ghana en tant que réfugiés politiques. Ce jour là, le débat était ouvert sur la question liée à l’extradition du président Laurent Gbagbo. Il y a tellement eu de choses que nous ne nous sommes pas entendus. Pour certains cadres du FPI, je vous dirais même des dinosaures du FPI, il fallait que le président Gbagbo soit extradé à la Cours pénale internationale parce que selon eux, une fois là-bas, sa voix serait entendue à la face du monde pour expliquer la crise ivoirienne. Nous autres, nous avons dit que ce n’était pas la solution. Avec le soutien de certaines personnalités ghanéennes nous avons dit que si Gbagbo parlait la Cpi, la chose allait être encore plus compliquée pour eux. Donc, nous nous sommes battus, même sur le plan diplomatique pour empêcher l’extradition du Président Laurent Gbagbo. Maintenant, ceux qui se disent les GOR (Gbagbo Ou Rien), au Ghana comme ici (Côte d’Ivoire : Ndlr), ont pris le dessus. Aujourd’hui, il faut que Justice soit faite. Je suis un homme de droit, je suis pour la libération du président Laurent Gbagbo mais je respecte la justice.

 

Tout à l’heure vous avez dit que vous êtes un homme politique. Pouvez-vous nous présenter votre Mouvement politique ?

Depuis Paris et sur les réseaux sociaux, nous avons engagé un débat. C’est d’accompagner le processus de paix et de développement dans notre pays. C’est dans cette optique que nous avons créé un mouvement politique qu’on appelle ‘’Nouvelle Génération 2020’’ dont la priorité est d’abord les élections présidentielles de 2020. Nous avons entendu le président Alassane Ouattara, au cours d’une réunion du RHDP, avec le président Bédié, dire qu’il allait céder le pouvoir en 2020, à une nouvelle génération. Décision que nous avons vivement saluée parce que nous avons estimé qu’il faut que nos aînés aussi nous fassent confiance. Parce que lorsque vous arrivez dans certains pays comme le Libéria, le Bénin, en Europe dans des pays comme l’Espagne, la France et autres, il y a une nouvelle génération de dirigeants qui sont à la tête de ces États. C’est donc un grand défi qui s’offre à notre génération. Nous avons passé des années à accompagner nos aînés et même pris part aux conflits de nos aînés. Il faut maintenant arrêter ces conflits et permettre à la nouvelle génération de prendre les choses en main. Il faut tourner la page de nos aînés. C’est pour cela que nous saluons l’esprit du discours du Président Alassane Ouattara qui dit qu’en 2020, il ne sera plus candidat et qu’on laisse la place aux jeunes…

 

Envisagez-vous, vous présenter vous-même, aux élections présidentielles de 2020 ?

Nous avons créé ce mouvement politique pour accompagner nos aînés qui ont la compétence et qui sont déjà là. Nous avons peut être des qualités de sensibilisation, de mobilisation et autres. Nous avons des personnalités comme Billon, comme Hamed Bakayoko… et autres, notre objectif, c’est de les amener à se présenter parce qu’elles ont des qualités. (…) Nous, nous ne pouvons pas comprendre que la Côte d’Ivoire qui est un grand pays, deux ans avant ne sache pas encore le successeur des présidents Bédié et Ouattara. Nous sommes donc venus ouvrir le débat qui semble être un sujet tabou, parce qu’il ne faut pas attendre les derniers jours pour créer des conflits inutiles. Il faut permettre à cette nouvelle génération, à ces personnalités qui sont là, de mieux connaitre le terrain politique pour les futures batailles.

Claude Dassé

 

Dernière modification le 27/11/2018

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