Sidiki Konaté : « L’Etat ne peut pas employer tout le monde mais a une obligation d’encadrer le monde du secteur informel »

Après avoir occupé le poste de ministre du tourisme et de l’artisanat de 2007 à 2010 puis celui de l’artisanat et de la promotion des PME jusqu’en 2012, Sidiki Konaté retrouve ses bureaux de l’immeuble postel 2001, Abidjan-Plateau, 6 ans après.

C’est sous la bienveillance de la représentante du secrétariat général du gouvernement, Mme Bamba Aminata, qu’a eu lieu ce jeudi 12 juillet 2018, la passation des charges entre le ministre sortant, Souleymane Diarrassouba et le nouveau ministre en charge de l’artisanat, Konaté Sidiki.

« L’artisanat constitue un pilier stratégique de promotion économique et sociale. C’est 12% de contribution au PIB national, 40% de la population et 245 corps de métiers pourvoyeurs d’emplois et créateurs de richesses. Investir donc dans le développement et la promotion de l’artisanat ne saurait être ressenti comme une œuvre vaine » a introduit, Souleymane Diarrassouba avant de présenter à son successeur les grandes actions menées sous sa gouvernance. Ce sont la mobilisation et l’aménagement des sites artisanaux, le renforcement des capacités des artisans, la promotion de l’artisanat et des meilleurs artisans et enfin, la redynamisation de la chambre nationale des métiers. Mais Souleymane le sait, son successeur n’est pas un inconnu de toutes ces problématiques. Lui qui a occupé ce même poste durant cinq années a une parfaite connaissance des défis à relever. Et pour lui, d’entre les quatre chantiers, la question de la redynamisation de la chambre des métiers doit être en tête des priorités.

« L’artisanat ce sont les métiers que nous vivons chaque jour et c’est le défi qui nous incombe aujourd’hui de relever. Le menuisier, le plombier, le tailleur, le coiffeur, le mécanicien, l’électricien, le bijoutier, le maçon, le chauffeur, le peintre, ce sont tous ces métiers, 245 corps qui tissent notre quotidien. Et c’est dans ces métiers que se réalisent chacun de nous. L’Etat ne peut pas employer tout le monde mais a une obligation d’encadrer tout ce monde là. C’est un PIB important et une masse de travailleurs. Et si dieu le veut au moment du bilan de 2020 au niveau de l’émergence qu’on puisse être en mesure de dire voilà ce que les entreprises du secteur de l’artisanat ont apporté à l’émergence de la Côte d’Ivoire. Cela signifie que nous ayons une politique assez visible et concrète sur les artisans » a insisté le ministre Sidiki Konaté.

Et d’ajouter : « les artisans vont nous sentir car nous serons effectivement à leur côté » comme pour répondre au souhait du Premier Ministre Amadou gon Coulibaly qui a instruit au cours du conseil des ministres tenue le mercredi 11 juillet, à ce que chaque membre du gouvernement impacte son secteur. Ainsi pour le nouveau ministre de l’artisanat, il est impérieux que la chambre des métiers soit activée, que les élections se tiennent. « Cela va être l’une des priorités pour nous. C’est une chambre consulaire qui va tisser des partenariats avec d’autres chambres du monde qui nous donnent du matériel de formation, qui nous appuient et nous encadrent. Si nous ne sommes pas en règle, ces pays ne composeront pas avec nous. Nous allons reprendre le dossier là où mon frère le ministre l’a laissé pour que cela soit la priorité des priorités » a-t-il fait savoir.

A propos des sites, a-t-il dit « nous ne doutons pas de la qualité des jeunes ivoiriens qui travaillent dans le secteur de l’artisanat. Malheureusement ces derniers ne sont pas bien lotis. Ils sont parfois suspendus sur des pentes aux abords des routes alors que le résultat de leur production est parfois bien meilleur à celui qu’on trouve dans les grandes surfaces. C’est donc un problème de site d’installation et le gouvernement entend les aider à bien s’installer. Demain l’Etat pourra y recueillir des impôts ou envoyer d’autres ivoiriens pour la formation ».

Enfin Sidiki Konaté entend trouver assez d’argent pour accorder des subventions aux artisans. « L’autre grande problématique reste le financement. Comment on finance nos entreprises qui sont dans le textile, dans le bois ... pour qu’elles puissent être compétitives sur le marché » a-t-il interrogé. Autant de questions qui devront trouver des réponses rapidement pour mettre fin à la précarité de nos artisans.

Philippe Kouhon

 

Dernière modification le 13/07/2018

A propos de l'auteur

Afrikipresse

E-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 

Site d'actualité et d'informations en continu sur l'Afrique francophone‎ et le monde.

 

Vos informations également disponibles dans votre magazine en version Pdf sur le site, et en kiosque en France, Belgique et plusieurs pays d'Afrique francophone.

Derniers articles

Les plus populaires

Newsletter

Soyez au courant de toutes les news, inscrivez-vous à notre Newsletter!