Serge Bilé, journaliste-écrivain : « je n'ai pas été en Côte d'ivoire pour la fête de l'indépendance depuis plus de 40 ans »

Serge Bilé est journaliste franco-ivoirien. Mais sa passion pour la littérature lui a valu hier la reconnaissance de l’Etat ivoirien, qui lui a décerné le prix de l’excellence catégorie littérature. Invité du chef de l’état pour la célébration des 58 ans de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, il s’est confié à Afrikipresse.

« Je suis forcement touché parce que,  ça fait 25 ans que je travaille sur la question noire, 25 ans que je travaille sur la mémoire.  Donc recevoir un prix qui couronne ce travail là, c'est toujours appréciable quand ça se passe chez soi.  J'ai donc été  très touché de pouvoir recevoir ce prix, d'être reconnu dans la  contribution que j'apporte à la culture et l'histoire de la Côte d'Ivoire, de l'Afrique et de sa diaspora. C'est pourquoi, je suis content d'être là aujourd'hui pour participer  à cette fête, la fête de l'indépendance (…) Je  suis d'autant plus content que je n'ai pas été en Côte d'ivoire pour la fête de l'indépendance depuis plus de 40 ans. Je suis parti en France en septembre 73. Même quand je suis revenu de temps à temps, je n'ai jamais été là pour le 7 août. Je suis aussi touché par les enfants qu'on a vus défiler, par les femmes aussi.  Heureux d'être là, de participer avec tous les ivoiriens à ce moment de joie qui nous rappelle notre histoire, nos moment de lutte. C'est pourquoi, je pense qu'on doit rester souder à ces moments comme celui-là » a dit Serge Bilé.

Sur le message du chef de l’Etat, l’auteur du brûlot « Et si dieu n’aimait les  Noirs » dira : « Samedi dernier, j'étais l'invité de la Rti pour parler de la future comédie musicale que je fais sur Houphouêt-Boigny. Et on m'a demandé ce que je pensais de ce qui restait de l'héritage d'Houphouêt-Boigny. J'ai dit qu'il restait des gestes forts comme ceux d'Houphouet-Boigny qui étaient des gestes de dialogue, d'apaisement, de réconciliation. J'estimais aussi que nos hommes politiques aujourd'hui n'avaient  pas suffisamment fait pour que l'héritage soit perpétué. Mais là, le geste qui a été  fait hier par l'annonce de la libération de Mme Gbagbo mais aussi dans l'annonce de la refonte de la commission électorale  indépendante, sont des gestes forts, des gestes qu'il faut saluer. Et puis se dire aussi que ce n'est qu'une partie du chemin, qu'il reste beaucoup à faire mais que c'est un chemin intéressant que nous empruntons aujourd'hui ». Enfin, le journaliste franco-ivoirien révélera le regard que porte la diaspora ivoirienne sur leur pays d’origine. « Quand on est ivoirien, on est attaché, on va avec la Côte d'Ivoire là où on est.  La preuve, je suis parti de la Côte d'Ivoire depuis 1973 mais je reviens toujours à la Côte d'Ivoire que je sers là où je suis. Le regard que nous portons est aussi le regard que tous les ivoiriens portent. A la fois l'espoir et l’inquiétude.  Inquiétude par rapport à 2020. On ne veut pas revivre ce qui s'est passé dans le passé. Le fait que des gens puissent se parler, des personnes puissent être libérées,  ça va dans la bonne voie » a conclu le lauréat du prix d’excellence 2018 catégorie Littérature, Serge Bilé.

Propos recueillis par Yaya Kanté


Dernière modification le 08/08/2018

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Yaya Kanté

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