Cpi : une des victimes de la marche du 11 mars 2011 formellement identifiée

Le médecin légiste français Éric Bacard (Chef de la section des sciences légales au bureau du procureur de la Cours pénale internationale) était témoin face à Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, mercredi 11 octobre 2017 devant la Cpi. Il a rendu son rapport de confirmation des analyses faites sur un corps qui serait celui d’un certain Diakité Yaya, tué lors de la marche des femmes le 13 mars 2011 à Abobo.  

Selon le témoin, toutes ses analyses démontrent qu’il s’agit bien du corps de Diakité Yaya. « À l’heure actuelle, aucune preuve médicolégale ne peut attester qu’il ne s’agit pas de Diakité Yaya. La taille mentionnée dans le dos de sa pièce d’identité (1,81 cm) concorde avec la valeur que nous avons mesurée à partir des images que nous possédions (1,78 cm). Ce, malgré une petite différence de 3 cm qui est d’ailleurs régulièrement constatée lors des autopsies pour divers raisons. Si nous nous basons sur les dires du témoin, les vêtements de la victime concordent aussi. La seule différence se situe au niveau des couleurs. Pour ce qui est des lésions sur son corps, on note que son pied (sans préciser lequel. Ndlr) était presque détaché du reste de la jambe, au niveau de la cheville. Il avait aussi une courbure au niveau du tronc. Tout porte à croire qui avait eu un choc au thorax qui a entrainé une hémorragie interne. À ce niveau, il semble qu’avant sa mort, il y’a reçu une intervention médicale d’urgence pour tenter d’extraire le sang. Il a eu plusieurs autres blessures qui sont cachées par ses vêtements,  et que nous n’avons pu voir», a-t-il soutenu.

Le médecin légiste n’a pas eu à manipuler le corps de la victime. Il a confirmé l‘identité à partir d’examens réalisés sur la base de fiches de rapport externes et rapports médicolégaux réalisés par l’institut médicolégal d’Abidjan. Il avait aussi pour supports : des vidéos, dossiers funéraires, témoignage d’un témoin, etc.  

« En me limitant aux cas des autopsies, évaluer des blessures sur la base de photographies est extrêmement difficile. Parce que les photographies peuvent être truquées, la qualité peut être médiocre. La définition des photographies peut être très imparfaite, parce que prises par des non-scientifiques. Cela peut nous faire avoir certaines incidences, alors que d’autres manqueront. Parce que souvent, les victimes sont habillées et donc que les vêtements peuvent cacher d’autres blessures. Le fait de ne pas pouvoir réaliser un examen visuel direct, la palpation, fait que la valeur significative du rapport est limitée. C’est ce que je me suis évertué de faire ressortir dans mon rapport où j’ai pu évaluer l’absence de discordance et d’incompatibilité entre les éléments vidéos qui m’était soumis et les compte-rendu des examens externes qui avaient été faites par des médecins légistes. (…) Cette méthode est rare en médecine légale », a révélé Éric Bacard.

Jean-Hubert Koffo
    
 
     

Dernière modification le 11/10/2017

 

 

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