L’agriculture marocaine fait des émules

Représentant 14 % du PIB et 40 % des emplois, le secteur agricole revêt une importance stratégique pour le Maroc. Les succès que rencontre l’agriculture marocaine s’expliquent en grande partie par le dynamisme de son ministre, Aziz Akhannouch. À tel point que la politique agricole du royaume chérifien fait désormais figure de modèle pour les autres pays africains.

L’année de tous les records pour l’agriculture marocaine. En 2018, la production agricole du Royaume devrait bénéficier d’une « hausse quasi-généralisée », selon la presse marocaine. Tous les secteurs sont concernés, à commencer par celui des céréales, dont la production devrait dépasser les 100 millions de quintaux, a récemment annoncé le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Aziz Akhannouch.

Aux origines du succès, un ambitieux Plan Maroc Vert

Les cultures sucrières, qui atteignent d’ores et déjà 89 % de la surface programmée pour 2020, l’olivier, dont la production est en hausse de 48 % par rapport à la saison précédente, les agrumes, en hausse de 3 % et les œufs (88 %) — ce qui permettra de répondre à 100 % des besoins internes au Maroc —, ou encore la production de viandes rouges (96 % de l’objectif visé en 2020), participent de cette bonne santé qu’affiche l’agriculture marocaine.

Depuis toujours, l’agriculture occupe une place de premier plan dans l’économie du Royaume. Le secteur représente 14 % du produit intérieur brut (PIB) du pays, soit l’équivalent de 74 milliards de dirhams. Selon les chiffres communiqués par le ministère, l’agriculture concentre, à elle seule, 4 millions d’emplois, soit 40 % de la population active du Maroc. Une proportion qui s’élève à 80 % en zone rurale, faisant du secteur, et de loin, le premier employeur du pays.

Ces résultats ne doivent rien au hasard, ni à des conditions météorologiques favorables. Ils sont le fruit du « Plan Maroc Vert », lancé par le pays en 2008, et qui a déjà permis une croissance de la production agricole de 40 % depuis sa mise en œuvre. Destiné à redynamiser l’agriculture marocaine, ce programme entend développer une agriculture performante, adaptée aux règles du marché, grâce, notamment, aux investissements privés.

Le Plan Maroc Vert a aussi pour ambition de réduire la pauvreté, d’augmenter les revenus des agriculteurs et projette « une nette amélioration du pouvoir d’achat et du rapport qualité/prix pour le consommateur », selon les services du ministère. À l’horizon 2020, les diverses actions du Plan Maroc Vert devraient permettre de doubler les revenus de l’agriculture et la part du secteur dans le PIB marocain devrait dépasser les 15 %.

Le dynamisme d’Aziz Akhannouch récompensé

Les succès de l’agriculture marocaine doivent également beaucoup à la détermination d’Aziz Akhannouch. Omniprésent, le ministre intervient sur tous les fronts, afin de faire du secteur agricole « le moteur de la croissance durable, face à une double vulnérabilité socio-économique et écologique des milieux ruraux », a-t-il déclaré en octobre 2017.

En juin dernier, Aziz Akhannouch a ainsi présidé la cérémonie officialisant la signature d’un accord entre le Crédit Agricole Maroc et les coopératives paysannes et leur Union (UNCAM) et la fédération des meuniers, concernant l’octroi de prêts bonifiés, permettant l’achat et le stockage de blé. Toujours en juin, le ministre a inauguré, en présence du roi Mohamed VI, le nouveau port de pêche ultra-moderne de Tanger, « un projet structurant pour le secteur dans la région », selon Aziz Akhannouch. Et, début juillet, le ministre s’est penché sur le Fonds de développement rural et des zones montagneuses, doté de 50 milliards de dirhams et comprenant plus de 2 800 opérations et actions.

Le dynamisme d’Aziz Akhannouch a été récompensé en janvier dernier, lorsque le royaume chérifien a été primé par l’Union africaine (UA), réunie à Addis Abeba, pour sa performance dans la mise en œuvre de la Déclaration de Malabo, portant sur l’accélération de la croissance agricole en Afrique et sur sa contribution au développement durable. Avec son Plan Maroc Vert, le Royaume est aujourd’hui présenté comme un modèle à suivre à l’échelle continentale.

Le Maroc a un rôle à jouer dans la transformation agricole de l’Afrique

Les experts de l’Institut royal des études stratégiques (Ires) sont du même avis. Dans leur dernier rapport, publié en juin et intitulé « Défis et opportunités de développement rural en Afrique subsaharienne », ils estiment ainsi que « le Plan Maroc Vert offre un cadre de référence pour les pays de l’Afrique subsaharienne et ouvre de réelles opportunités de commerce et d’investissements, et pour le Maroc et pour ces pays ».

Selon l’Ires, l’expérience du Maroc en matière de réforme des systèmes fonciers, de gouvernance du secteur agricole, de développement de l’agriculture intensive, d’agro-industrie, de production de semences sélectionnées... a un rôle primordial à jouer dans la transformation de l’agriculture africaine. « Le positionnement du Royaume doit être orienté en priorité vers les domaines où il dispose d’expériences réussies et “'exportables”' vers ses partenaires », estiment encore les experts, citant notamment la maîtrise de l’eau, domaine dans lequel le Maroc excelle.

Mohamed Sarraf

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