L'Afrique se mobilise contre le cancer

Chaque année, le cancer tue 450 000 personnes en Afrique. Un chiffre effrayant qui pourrait doubler d’ici 2030. Alarmés, les laboratoires, les entrepreneurs et même les Premières dames du continent, à l'instar de Dominique Ouattara, appellent à redoubler d’efforts pour lutter contre ce fléau.

Ce n'est plus l'apanage des pays riches. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le cancer fait chaque année 450 000 victimes en Afrique, et leur nombre pourrait atteindre 1 million par an d'ici 2030. Plus grave encore : les cancers les plus courants sont ceux qui se soignent habituellement le mieux, notamment les tumeurs au sein, à l'utérus et à la prostate. Si, aux États-Unis, 90 % des femmes atteintes d'un cancer du sein peuvent vaincre la maladie, seules 46 % des femmes ougandaises et 12 % des femmes gambiennes pourront en faire autant.

La plupart des pays africains sont en effet « très mal équipés pour combattre [le cancer] : il y a très peu de cancérologues, de machines de radiothérapie ou de blocs chirurgicaux de pointe. Les tumeurs sont souvent mal diagnostiquées – quand elles ne sont pas attribuées à la sorcellerie – et 80 % ne sont pas dépistées avant d'avoir métastasé vers les ganglions ou d'autres organes », révèle une enquête du New York Times.

 

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Des chiffres préoccupants qui mobilisent les laboratoires, les entreprises et la société civile. Selon le quotidien américain, le laboratoire américain Pfizer et l'indien Cipla se sont ainsi engagés à commercialiser « à prix cassé » 16 médicaments essentiels pour les chimiothérapies. Un programme qui devrait permettre de sauver « des dizaines de milliers de vies » sur le continent.

Dominique Ouattara et Sika Kaboré montent au créneau

De grands cancérologues américains ont pour leur part promis de simplifier les protocoles de prise en charge des patients atteints d’un cancer afin de les adapter aux hôpitaux africains sous-équipés. Un groupe de programmateurs IBM devrait par ailleurs mettre ces informations à la disposition de tout cancérologue disposant d'une connexion internet.

 

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À ces initiatives vient s'ajouter la mobilisation de plus en plus importante de la société civile. Un séminaire régional sur la promotion de la sensibilisation à la lutte contre le cancer et les programmes de plaidoyer dans les États africains membres de l'Organisation de la coopération islamique s'est ainsi tenu à Ouagadougou les 1er et 2 août derniers.

Véritable « réunion pratique », ce rendez-vous avait pour but de fournir aux premières dames africaines les outils indispensables pour plaider leur cause auprès de bailleurs de fonds et solliciter des aides concrètes pour « mettre en place le plateau technique qui manque pour lutter efficacement contre le cancer et contrôler son avancée », a expliqué la première dame burkinabée, Sika Kaboré.

 

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La première dame ivoirienne, Dominique Ouattara, a pour sa part affirmé que le gouvernement ivoirien avait élevé le sujet « au rang des priorités nationales en créant en 2008 le Programme national de lutte contre le cancer, qui a pour but de contribuer à réduire l'impact de la maladie cancéreuse par des activités de types promotionnels, préventifs, curatifs et de recherches ».

En Côte d'Ivoire, plus d'une nouvelle victime sur deux est une femme

Dominique Ouattara a particulièrement insisté sur la situation des femmes, qui représentent plus de la moitié des nouvelles victimes de cancer en Côte d'Ivoire (8 000 sur 15 000 nouveaux cas identifiés chaque année). « Dans 75 % des cas, il s'agit malheureusement de découvertes tardives avec une mortalité élevée. Le cancer est donc un véritable problème de santé publique dans notre pays, comme partout ailleurs en Afrique », a-t-elle alerté.

 

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Pour y faire face, 300 personnels de santé ont été formés, un diplôme d'oncologie médicale a été mis en place en 2016, des appareils spécifiques au diagnostic et au traitement des affections du sein ont été acquis et un Centre national d'oncologie médicale et de radiothérapie a été inauguré en 2017 par le président, Alassane Ouattara.

Au Cameroun, les jeunes entreprises se mobilisent également. À l’aide d'une caméra numérique capable de transmettre les images en direct sur un smartphone ou une tablette, la start-up CerviScan propose ainsi aux patients un diagnostic rapide et fiable. Au moins 1 276 femmes âgées de 30 à 70 ans et vivant dans des zones rurales ont ainsi pu bénéficier d'un dépistage gratuit. Elles ont surtout vu leurs chances de guérison se multiplier.

Toutes les forces vives du continent seront indispensables dans la lutte contre ce fléau, comme le soulignait Dominique Ouattara, ce n'est qu'en « unissant nos efforts que nous parviendrons à réduire considérablement les effets [du cancer] sur nos populations ».

Antoine Denivel

 

 

Dernière modification le 26/09/2018

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