UA-UE : retour sur les 4 sommets avant Abidjan et sur 17 ans de partenariat

Le cinquième sommet des dirigeants africains et européens se tient les 29 et 30 novembre prochain au Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire.  En effet, après la Belgique pour le compte de l’Union Européenne où s’est tenu le 4e sommet UA-UE, la Côte d’Ivoire a été désignée lors du sommet de l’Union africaine tenu à Kigali( Rwanda) du 10 au 18 Juillet 2016 pour abriter ce 5e sommet. Soit 15 mois de préparation. Ainsi, à cette rencontre qui se tient pour la première fois en Afrique subsaharienne, sont attendues environ 110 délégations. 

 83 chefs d’état et de gouvernement représentant 55 pays d’Afrique et 28 pays d’Europe, des membres des commissions de l’UE (Union européenne) et l’UA (Union africaine), des dirigeants des pays amis, des organisations internationales, régionales et sous régionales, sont annoncés. Comme lors des 4 précédents sommets, il sera question de l’avenir des relations entre les deux continents avec pour thème principal cette année « Investir dans la jeunesse pour un développement durable ».

 Les quatre derniers sommets UA-UE : 

Censés se tenir tous les 3 ans, les sommets UA-UE connaitront quelques irrégularités dont les causes n’ont jamais été expliquées. On sait par exemple que le sommet avait été annulé en 2003 à Lisbonne suite au refus de l’UE d’inviter Robert Mugabé, le président zimbabwéen dont le régime était visé par des sanctions européennes. Il sera finalement organisé à Lisbonne en 2007. Ainsi il aura fallu faudra 7 ans pour passer du premier au deuxième sommet ( 2000-2007),  puis 3 ans pour la tenue du troisième (2010), 4 ans pour le quatrième (2014) et enfin 3 ans pour le cinquième (2017). Retour sur 17 ans de partenariat entre l’Afrique et l’Europe.

 Sommet du Caire 2000 : le tout premier

 Le premier Sommet Afrique-Europe s’est tenu les 3 et 4 avril 2000 au Caire, République arabe d’Egypte, sous l’égide de l’OUA et de l’UE, à l’invitation de Son Excellence Mohammed Hosni Mubarak, président de la République arabe d’Égypte, sous la coprésidence de Son Excellence Abdelaziz Bouteflika, président de l’Algérie, en sa qualité de président de l’OUA, et de Son Excellence António Guterres, premier ministre du Portugal, en sa qualité de président du Conseil européen. Ce sommet a permis aux dirigeants africains de relever la question de la dette des pays africains et la revendication de son annulation. Il faut noter que cette dette globale africaine est passée de 350 milliards de dollars en 1999 à 110 milliards de dollars en 2000. Il était aussi question d’éradiquer la pauvreté en Afrique d’ici à 2015. À cette rencontre, Jacques Chirac, alors président de la France avait insisté sur la question de l’intégration des pays africains dans l’économie mondiale. Lors de cette première réunion au niveau continental, les dirigeants européens et africains se sont engagés à s’unir et à conférer une nouvelle dimension à leur partenariat. Suite à quoi des changements considérables ont eu lieu dans les deux continents. Notamment, des processus de démocratisation et de réforme ont été lancés afin de régler les conflits et les situations de crise. Dans le même temps, les processus d’intégration sur les deux continents ont été accélérés – d’une part, l’Organisation de l’unité africaine (OUA) a été transformée en Union africaine (UA) avec son programme socio-économique, le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) et, d’autre part, l’Union européenne (UE) a presque doublé de taille et est en train d’approfondir sa structure. 68 pays avaient pris part à ce sommet dont 53 africains et 15 européens.

 Sommet de Lisbonne 2007 : Mugabé et Gbagbo sous les projecteurs

Le deuxième sommet Afrique-UE, a eu lieu les 8 et 9 décembre 2007 à Lisbonne au Portugal. Cette rencontre avait pour objectif affiché des Européens d'ouvrir une nouvelle ère de "partenariat" avec l'Afrique, où ils perdent du terrain au profit de la Chine. Après donc 48 heures de débats le sommet  a adopté la « stratégie conjointe » qui doit permettre à 27 pays européens et à 53 pays africains d’ouvrir une nouvelle ère, d’égal à égal, dans leurs relations. Il a été convenu de changer la relation bailleurs de fonds-bénéficiaires et laisser place à un véritable partenariat et de faire face ensemble aux nouveaux défis et aux nouvelles perspectives à l’échelle mondiale. Les chefs d’ l’État et de gouvernement présents ont approuvé une « stratégie qui doit être « guidée par les principes de l’unité de l’Afrique, l’interdépendance de l’Afrique et de l’Europe, l’appropriation et la responsabilité conjointe, le respect des droits de l’Homme et des principes démocratiques et de l’État de droit, ainsi que le droit au développement ».  Enfin, il faut retenir qu’à Lisbonne, si tous les projecteurs étaient braqués sur le président Robert Mugabé dont la participation avait fait polémique en 2003 (date normale de la tenue du 2e sommet), ce fut aussi l’occasion pour les présidents ivoirien, Laurent Gbagbo et français, Nicolas Sarkozy se serrer la main pour la première fois depuis l’élection de ce dernier en mai de la même année.. "C'est un pas vers une certaine forme de normalisation, laquelle normalisation n'aura lieu définitivement qu'après des élections transparentes" en Côte d'Ivoire », avait alors estimé M. Sarkozy au cours d'une conférence de presse, ajoutant « La France partage l'analyse du président burkinabé Blaise Compaoré (médiateur dans la crise ivoirienne), il faut des élections dans un délai rapide et il faut qu'elles soient transparentes ».

Sommet de Syrte 2010 : les 8 domaines de coopération prioritaires

Le troisième sommet s’est tenu à Syrte en Libye  les 29 et 30 novembre 2010.  Il a adopté une approche inclusive et n’a pas impliqué uniquement les institutions. Aussi, une série d’événements parallèles a permis de réunir des représentants de la société civile, des jeunes, du secteur privé, des syndicats, des chercheurs et des scientifiques des deux continents. L’objectif était de donner un nouvel élan à la stratégie Afrique-UE commune en plaçant les personnes au cœur du partenariat et en invitant tous les acteurs à contribuer à sa mise en œuvre. C’est donc au cours de ce troisième sommet que le deuxième plan d’action (2011-13) de la stratégie Afrique-UE a été adopté. Ce deuxième plan d’action a mis l’accent sur 8 domaines de coopération prioritaires : La paix et la sécurité, La gouvernance démocratique et les droits de l'homme, L'intégration économique régionale, le commerce et l'infrastructure, Les objectifs du millénaire pour le développement, Le changement climatique, L'énergie, La migration, la mobilité et l'emploi, La science, la société de l'information et l'espace.

Sommet de Bruxelles 2014 : La Côte d’Ivoire absente

Le quatrième sommet UA-UE s’est tenu les 2 et 3 avril 2014 à Bruxelles (Belgique). À cette occasion, près de 80 dirigeants africains et européens ont planché sur le thème d’« Investir dans les personnes, pour la prospérité et pour la paix ». Ils ont abordé de sujets clés tels que la paix, la sécurité, des investissements, des changements climatiques et des populations. Dans la déclaration finale, la « volonté de tenir régulièrement des réunions de dialogue politique au niveau ministériel, notamment en marge des évènements internationaux » a été réaffirmée. Une feuille de route pour la période 2014-2017 a été également entérinée. « Elle définit les priorités stratégiques et identifie les moyens de les mettre en œuvre ». À cet effet, "pour la période 2014-2020, plus de 28 milliards d’euros seront alloués à l’Afrique par l’UE, auxquels s’ajoutera la coopération bilatérale des États membres de l’UE". Aussi, avant l’ouverture officielle du sommet, un mini sommet a eu lieu sous l’impulsion du président français Hollande concernant la situation en RCA. Et l’UE décidait de lancer officiellement sa mission militaire dans ce pays de l’Afrique centrale en proie à la guerre civile. Parmi les absences remarquées, on notera celles du président ivoirien, Alassane Ouattara, de ses homologues algérien (Abdelaziz Bouteflika), congolais (Joseph Kabila) et sud-africain (Jacob Zuma), ainsi que celle du roi du Maroc, Mohammed VI. Et l’une des raisons de l’absence par exemple du président ivoirien à l’époque serait liée à son état de santé : « La Présidence de la République informe que le Président de la République, Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, a subi une intervention chirurgicale liée à une sciatique. L’intervention s’est bien déroulée et le Chef de l’Etat se porte bien. Il regagnera la Côte d’Ivoire après une période de repos » avaient indiqués les autorités ivoiriennes dans un communiqué en date du 19 février 2014, deux mois avant la tenue du sommet de Bruxelles. Finalement, le président Ouattara y sera représenté par son ex Premier Ministre Daniel Kablan Duncan, actuel vice-président de la république.

Philippe Kouhon

Source : www.sommetuaue2017.ci

Dernière modification le 24/11/2017
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