Le renouveau d'Orly en France : une opportunité pour l'Afrique

Le développement des infrastructures et du transport aérien représente une opportunité pour les pays africains. À Paris, la mutation de l’aéroport d’Orly annonce une intensification du trafic entre les continents européen et africain. Une opportunité à saisir.

Les aéroports ont un rôle essentiel dans le développement économique d’un pays. À tel point que l’aviation devient une priorité stratégique de nombreux États — notamment en Afrique. C’est le cas, par exemple, au Congo : pour la Secrétaire générale de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), en visite en 2016 en RDC, la connectivité aérienne internationale jouera un rôle de catalyseur crucial du développement de ce pays africain... et des autres.

 L’aérien prend son envol en Afrique

C’est un signe qui ne trompe pas. Portés par la croissance soutenue du trafic, les grands aéroports africains ne cessent de s’agrandir, et d’autres voient le jour. Le palmarès établi, chaque année, par le Conseil international des aéroports Afrique (ACI Afrique), donne la mesure de cette croissance. À la première place, l’aéroport de Johannesburg a accueilli, en 2016, 21 millions de passagers (+3,62 %), suivi par celui du Caire (16,4 millions de passagers, +4 %) et par celui du Cap (10 millions de passagers, +7,6 %).

L’Afrique de l’Ouest n’est pas en reste. L’aéroport international Blaise-Diagne de Dakar, en construction, cinq fois plus grand que l’actuel, pourra, à terme, accueillir trois millions de passagers par an. Quant à l’aéroport Houphouët-Boigny d’Abidjan, son trafic a bondi de près de 20 % en 2016, dépassant ainsi les 1,8 million de voyageurs. Autant d’individus qui consomment et créent des emplois pérennes.

Les retombées socio-économiques du transport aérien sont, en effet, très importantes. Un service aérien développé stimule l’emploi — souvent plus qualifié et mieux rémunéré — dans l’ensemble du secteur de l’aviation (pilotes, hôtesses, bagagistes, maintenance, etc.), mais aussi dans les filières en aval, comme le commerce alimentaire, les raffineries ou les agences de voyages. Une récente étude estime ainsi que les emplois directs et indirects créés par la libéralisation du secteur au sein de douze pays africains (Algérie, Tunisie, Sénégal, Ghana, Nigéria, Angola, Namibie, Afrique du Sud, Kenya, Éthiopie, Ouganda, Égypte) pourraient s’élever à 38 000.

Tous secteurs confondus (transport, tourisme, attraction de nouvelles entreprises), le développement du transport aérien pourrait créer 155 000 emplois dans ces douze pays et générer une augmentation de 1,3 milliard de dollars de leur PIB annuel. C’est ce qu’a bien compris le Sénégal, qui se classe parmi les bons élèves du continent.

Selon le FMI, la croissance du pays s’est élevée à 6 % en 2017, et ses perspectives macro-économiques restent favorables pour 2018, et ce alors que la croissance économique du continent était, en 2016, à son plus bas niveau depuis 20 ans. Pour l’institution financière, le Plan Sénégal Émergent (PSE), lancé en 2015 par le gouvernement, soutient une croissance diversifiée par des investissements publics et privés dans les hydrocarbures ou les transports — le futur aéroport Blaise-Diagne, relié au centre-ville de Dakar, faisant pleinement partie de cette stratégie. Des travaux d’envergure sont aussi en cours en France, ce qui devrait contribuer à doper le transport aérien africain.

 Le renouveau d’Orly bénéficiera à l’Afrique francophone

En banlieue parisienne, l’aéroport d’Orly, un temps menacé de fermeture, a amorcé sa mue. En queue du classement des meilleurs aéroports mondiaux, opéré par l’UFC-Que-Choisir, Orly (13,9/20) se place néanmoins devant Charles-de-Gaulle (13,7/20). Et entend bien ne pas en rester là. Le groupe Aéroports de Paris (ADP) a décidé d’investir 385 millions d’euros pour la construction d’un nouveau hall, la Jonction, un bâtiment de 80 000 m2 destiné à l’accueil des passagers.

Ce nouveau hall, qui rassemblera les terminaux Sud et Ouest, sera, dès 2019, le point de rencontre entre l’aérogare et la future gare du Grand Paris Express. Grâce au prolongement de la ligne 14 vers le sud et à la création de la ligne 18, il ne faudra plus que 16 minutes pour rejoindre le sud de Paris, contre 43 aujourd’hui.

Ce mercredi 11 avril, Orly a ouvert une partie de ce nouveau bâtiment et affiche clairement son ambition : « devenir un hub de connexion beaucoup plus pratique entre ses deux types de dessertes : l’Europe d’un côté, l’Afrique de l’autre ». Cette jonction devrait permettre d’augmenter la capacité de l’aéroport d’un tiers. Notamment « en permettant la connexion "au contact" d'appareils plus gros et en facilitant les correspondances entre les compagnies et les régions du monde desservies ».

Plusieurs compagnies ont d’ores et déjà compris que ce futur « pont entre l’Europe et l’Afrique » représentait une opportunité à ne pas rater. Hop!, easyJet, Corsair ou encore Aigle Azur sont déjà sur les rangs pour profiter du renouveau de l’aéroport et accélérer leur développement en Afrique. Le nombre de passagers empruntant des liaisons entre la France et un continent africain en plein essor pourrait ainsi rapidement augmenter au cours des prochaines années, générant des bénéfices économiques non négligeables pour ceux qui auront su en profiter.

 Bruno Cospain

Dernière modification le 13/04/2018
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