Consolidation de la paix en Côte d’Ivoire : Ce qu’en pensent Chine, Russie, USA et l’Angleterre

La Côte d’Ivoire a partagé son expérience de réussite post-conflit avec le reste des 14 Etats membres du conseil de sécurité et 4 autres pays non membres. C’était hier mercredi 5 décembre 2018 aux nations unies à New York, dans le cadre de la présidence ivoirienne.  Si pour la France, l’Etat doit veiller à ce que tous les ivoiriens bénéficient de la croissance économique, pour les 4 autres grandes puissances, membres permanents ( avec droit de véto) que sont, la Chine, la Russie, les Etats Unis et le Royaume Uni, les nations unies doivent jouer un rôle important avant, pendant et après les crises partout où elles surviennent.

« La Chine  a toujours été aux côtés des pays africains ».

« La Chine se félicite du débat de la Côte d’Ivoire sur la reconstruction post-conflit, paix et stabilité. La Chine a toujours été aux côtés des pays africains. Nous avons organisé récemment un sommet Chine-Afrique pour soutenir l’UA. Nous saluons la reconstruction de la Côte d’Ivoire après la crise. Son économie a connu une croissance de 8% et la Chine a participé à cette reconstruction en envoyant des troupes au sein de l’ONUCI mais aussi en portant assistance à la Côte d’ivoire dans le secteur de l’eau et de l’électricité » a dit l’ambassadeur chinois, Ma Zhaoxu.

 

Lire aussi >> Conseil de Sécurité, ONU : la Côte d’Ivoire autorise l’UA, le Burkina, le Japon, le Rwanda et le Sénégal à participer aux débats


USA : « La Côte d’Ivoire est un modèle »

 Prenant la parole, JONATHAN COHEN, le substitut de la représentante des Etats-Unis (Nikki Haley) a indiqué que les nations unies ont un rôle important à jouer dans la consolidation de la paix et à aller plus loin dans ses réformes en la matière. « Nous soutenons les pays à fournir des fonds volontaires pour la consolidation de la paix en Afrique. Justement, la Côte d’ivoire est un modèle avec l’Onuci » a-t-il dit et d’ajouter : « M. le président, nous sommes conscients de la tache qui vous incombe après le départ de l’ONUCI. Et nous sommes prêts à appuyer d’autres pays comme nous l’avons fait en Côte d’ivoire ».



La Russie : « Les aides doivent tenir compte des spécificités des pays en conflit ».

« Les aides doivent tenir compte des spécificités des pays en conflit. Une plus grande visibilité des ressources ne serait pas superflue. Inciter les Etats membres à faire des contributions volontaires se fait au mieux s’il y a une approche impartiale et transparente de la consolidation de la paix. Cette aide doit essentiellement soutenir les efforts des Etats bénéficiaires auxquels il ne faut pas imposer de solution. Pour lequel il ne faut pas jouer le rôle de mentor, car le but de l’aide à la consolidation de la paix, c’est d’aider à reprendre pied » a plaidé le russe, Dmitry Polyanskiy.

 

Lire aussi >> Conseil de Sécurité-Onu : Alassane Ouattara depuis New York : « c’est un moment de fierté pour notre pays »



Le Royaume Uni : « C’est rare d’entendre au conseil de sécurité que les choses vont bien »

 « Nous sommes heureux de bénéficier de l’expérience de la Côte d’Ivoire (…) Il est rare d’entendre au conseil de sécurité que les choses vont bien. Je félicite votre gouvernance. Je salue les réformes que vous avez engagées et espère que les choses vont continuer d’aller bien » a dit la représentante du Royaume uni, Karen Pierce,  avant de faire plusieurs remarques.

Pour elle, beaucoup de pays sortis de crise dans les années 2000 ont replongé dans le conflit. C’est pourquoi dira-t-elle, « une solution politique doit comprendre toute une série d’acteurs : les femmes, les droits de l’Homme sont nécessaire si nous voulons pérenniser la paix. Il faut renforcer les institutions. Il faut qu’il y ait une justice. On ne pourra pas fournir d’assistance s’il n’y a pas de solution politique comme c’est le cas actuellement en Irak, en Lybie et au Yémen. Aussi selon la Banque mondiale, il faut 10 ans pour renforcer les institutions. Un soutien de longue halène et coordonné de la communauté internationale est fondamental si nous voulons que la paix dure. Enfin, le développement doit être inclusif et faire en sorte que personne ne reste au bord du chemin ».

Les débats se poursuivent aujourd’hui jeudi 6 décembre 2018 avec le débat public sur le thème « le rôle des Etats, des accords régionaux et de l’Organisation des nations unies dans la prévention et la résolution des conflits ». Débat présidé et conduit par le ministre ivoirien des Affaires Etrangères, Marcel Amon Tanoh.

Philippe Kouhon, envoyé spécial aux nations unies.

 

Dernière modification le 06/12/2018

A propos de l'auteur

Philippe Kouhon

E-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 

Site d'actualité et d'informations en continu sur l'Afrique francophone‎ et le monde.

 

Vos informations également disponibles dans votre magazine en version Pdf sur le site, et en kiosque en France, Belgique et plusieurs pays d'Afrique francophone.

Derniers articles

Les plus populaires

Newsletter

Soyez au courant de toutes les news, inscrivez-vous à notre Newsletter!