Conseil de sécurité-Onu/ M. François Delattre (France) : « Pas de paix sans un mieux être des populations »

Dans le cadre de la présidence ivoirienne du conseil de sécurité, plusieurs communications ont été faites ce mercredi 5 décembre 2018, premier jour des discussions du mois de décembre. La France a à nouveau appelé les autres états membres du conseil à plus d’engagement en faveur de la paix en Afrique.

« Je me réjouis que nous nous penchions sur la question de la reconstruction post-conflit en ce début de présidence ivoirienne du Conseil de sécurité. En effet, la Cote d Ivoire constitue, a bien des égards, un modèle en matière de sortie de crise et de reconstruction post-conflit. Ce débat arrive aussi à un moment charnière pour les Nations Unies, avec la grande reforme du pilier paix et sécurité, qui contribue à mettre la pérennisation de la paix au cœur de notre action » a introduit M. François Delattre Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies. 

 

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Abordant selon lui les trois dimensions de la reconstruction post-conflit à savoir, la reconstruction économique, la reconstruction des institutions et la reconstruction du vivre ensemble, il a dit : « Apres un conflit, la première urgence est de réparer ce que la guerre a détruit: les routes, les infrastructures, les outils de production. C'est permettre à la vie économique de reprendre(…) L essor économique exceptionnel qu’a connu la Cote d Ivoire après une décennie de guerre civile est à cet égard emblématique. Et les décisions courageuses que vous avez prises M. le Président, y ont largement contribué. Aucune paix n'est solide si les populations ne ressentent pas de mieux être dans leur vie quotidienne. Nous devons aussi, dans cette phase cruciale de la reconstruction post-conflit, veiller a ce que personne ne soit laissé de côté, à ce que la croissance soit suffisamment inclusive, pour ne pas semer les germes des conflits de demain ».

Sur la question de la reconstruction des institutions, il a dit : « l’institution judiciaire a un rôle majeur à jouer dans cette phase de reconstruction : les victimes doivent pouvoir retrouver le chemin des tribunaux, avec confiance. Les processus de désarmement, démobilisation et réinsertion, et de reforme du secteur de la sécurité, sont également souvent indispensables pour rebâtir une armée inclusive, respectueuse du droit, et rendre à Etat le monopole de la violence légitime ».

 

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Enfin pour le représentant de la France, la paix doit se préparer le plus en amont possible, idéalement dès le début du conflit. « La reforme du pilier paix et sécurité portée par le Secrétaire général vise justement à mieux calibrer le mandat des opérations de maintien de la paix, et a préparer la solution politique dès le début d une crise » a-t-il dit avant de dévoiler les moyens mis en place par la France à cet effet.

« La France a mis en place un Fonds ‘’paix et résilience’’, pour appuyer la sortie de crise et restaurer le lien social dans quatre zones : le Sahel, le bassin du lac Tchad, la zone irako-syrienne et la RCA. Ce fonds, financé en partie sur la taxe sur les transactions financières, est doté de 100 millions d euros par an, et passera à 200 millions d’euros par an d'ici 2020. La France est totalement engagée, au niveau multilatéral comme au niveau bilatéral, pour oeuvrer à la prévention des conflits et à la consolidation de la paix, en particulier dans cette phase cruciale de la reconstruction post-conflit » a-t-il fait savoir.

 

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Aussi, la France s’est à nouveau fait  I' écho de l’appel de la Côte d’Ivoire  concernant les opérations africaines de paix. « Comme le Président Macron I' a réaffirmé dans son discours devant I' Assemblée générale des Nations unies en septembre dernier, la France soutient pleinement I' initiative portée par I' Union africaine avec pour objectif I' adoption, avant la fin de I' année, d'un projet de résolution ambitieux sur les opérations africaines de paix » a-t-il ajouté.  Enfin, pour la France l’UA a fait d’importants progrès depuis les dernières résolutions adoptées sur le sujet, que ce soit dans l’augmentation du fonds pour la paix de I Union africaine (à hauteur de 74 millions USD) ou dans la réalisation de cadres de conformité sur les droits de I Homme.

 

« II est donc  temps de reconnaitre les efforts entrepris par I’UA et ses Etats membres, notamment sur l’engagement à financer les opérations africaines de paix à hauteur de 25%, et de permettre à ces dernières de bénéficier de financements prévisibles et durables » a-t-il conclu

Philippe Kouhon, envoyé spécial aux nations unies

 

Dernière modification le 06/12/2018

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Philippe Kouhon

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