Conseil de Sécurité-ONU : L’ambassadeur Houadja Kacou dévoile le programme de travail et se dit optimiste pour une présidence ivoirienne réussie.

L’ambassadeur Kacou Houadja Léon Adom, représentant permanent de la Côte d’ivoire aux nations unies et président du conseil de sécurité pour le mois de décembre a animé une conférence de presse ce lundi 3 décembre  2018 au cours de laquelle il a dévoilé l’agenda mensuel du conseil.

Il a d’abord rendu hommage à la presse pour son travail de diffusion et de vulgarisation des informations émanant des nations unies avant de féliciter la Chine pour sa présidence au mois de novembre.

Le sens de notre présidence a-t-il dit est de « promouvoir le dialogue, partager notre expérience de réussite de sortie de crise et afficher un leadership de qualité et proactif ». Concernant l’agenda mensuel du conseil,  l’on notera au total, 17 jours de travail pour 8 consultations, 4 débats, 13 briefings, 1 réunion, 6 examens de rapports, 2 adoptions et 3 recommandations de fin de mandat. Mais avant, la Côte d’Ivoire prévoit deux réunions de haut niveau. Le premier est un simple briefing présidé par le président ivoirien, Alassane Ouattara le 5 décembre 2018 à partir de 10h en présence du secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres et du président de la commission de l’union africaine, Mahamat Moussa Faki. Le président ivoirien  mettra au cours de cette réunion, l’accent sur l’importance de la reprise économique pour réussir la transition post-conflit. Juste après, la Côte d’Ivoire offrira un déjeuner à ses invités autour de 13h15, dans une ambiance musicale ivoirienne avec un menu gastronomique 100% ivoirien. Suivra le jeudi 6 décembre un débat public au niveau ministériel à 10h sur le thème « Le rôle des Etats, des accords régionaux et de l’organisation des nations unies dans la prévention et la résolution des conflits » au titre du point ‘’Coopération entre l’ONU et les organisations régionales et sous régionales aux fins du maintien de la paix et de la sécurité internationale’’ de l’ordre du jour.
Les interventions sont limitées à 4 minutes. « Le débat sera présidé par le ministre Marcel Amon Tanoh avec la présence du SG de l’Onu, du président de la commission de l’UA et surtout du président de la commission de la Cedeao pour avoir joué un rôle important dans le règlement de certains conflits en Afrique » a annoncé Houadja Kacou Adom.

Les sujets concernant l’Afrique

Il est prévu  plusieurs  réunions  du bureau régional de l’ONU pour l’Afrique centrale (UNOCA) sur le trafic de drogue dans l’ouest et le centre de l’Afrique  par l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA). Les autres problèmes africains concernent le renouvellement du mandat  de la Mission des nations unies pour la sécurisation de la Centrafrique (MINUSCA) qui termine le 15 décembre prochain et la gestion post-conflit. Le conseil planchera sur  une mise à jour du développement économique mais surtout sur la crise en Guinée-Bissau avec les prochaines élections législatives et la révision de la Constitution; La question du financement de la force militaire africaine G5Sahel y figure en bonne place. Pareil pour  le Soudan du Sud, sur les activités de la MINUSS; Une réunion semestrielle sur les travaux de la CPI est même prévue.
« Pourquoi la RDC ne figure pas » a demandé un journaliste. « Pour l’instant tout se passe bien même si le pays s’apprête à aller aux élections le 23 décembre prochain » a répondu le diplomate ivoirien.


Concernant le Moyen-Orient


En ce qui concerne la Syrie, il est prévu un contrôle régulier sur la situation politique et humanitaire mais aussi  sur les armes chimiques. En outre, les membres du conseil sont censés négocier et mettre au vote un  projet de résolution renouvelant l'autorisation pour des projets humanitaires transfrontaliers et les accès transfrontaliers qui expirent le 10 janvier 2019.  Les  autres questions relatives au Moyen-Orient comprennent le renouvellement de la Force des Nations Unies chargée d’observer le désengagement  au Liban (FNUOD) et le briefing mensuel régulier et autres consultations sur le conflit Israël/Palestine.
En ce qui concerne les autres problèmes régionaux, il y aura le débat trimestriel sur l'Afghanistan et un briefing sur la situation en Haïti.
Le Secrétaire général devrait faire un rapport sur la mise en œuvre de la résolution 2231, qui approuve le plan d'action global commun sur le programme nucléaire iranien.

Les membres du conseil recevront leur premier briefing par le conseiller spécial et chef d’Équipe d’enquête de l’Onu sur la responsabilité de Da’esh début décembre. Le Conseil tiendra son débat semestriel sur le mécanisme international résiduel de Tribunaux pénaux.
Il y aura aussi le briefing annuel par les présidents sortants des organes subsidiaires, passant en revue leur expérience et les développements au cours de leur mandat (présidents de comités ou de groupes de travail).

Une réunion sur la situation des droits de l'homme en  Corée du Nord est également possible en décembre.
Enfin, les membres du conseil suivront l’évolution de la situation en Ukraine et au Yémen étroitement au cours du mois, et des réunions peuvent être programmées si nécessaire.

La Côte d’Ivoire hésitante sur certains dossiers


C’est droit  dans ses bottes que le  diplomate maniant la langue de bois a répondant aux questions  même si certaines ne  sont pas inscrites au programme. C’est le cas d’une  question sur la position de la Côte d’ivoire concernant l’affaire Jamal Khashoggi, du nom du journaliste Saoudien tué en Turquie ;  L’ambassadeur Kacou Adom dira : « le cas Khashoggi n’est pas encore demandé au conseil de sécurité ». Sur la réunion sur le Sahara occidental ce mercredi à Genève, la Côte d’ivoire a appelé les deux parties (Algérie et  Maroc) à s’asseoir pour discuter et trouver une solution définitive à la crise Polisario. « La Côte d’ivoire pourrait soutenir l’approche marocaine si son avis comptait» dira le diplomate sans convaincre.
« Pourquoi hésitez-vous », demande un journaliste. « Nous jaugeons d’abord avant de prendre des décisions. Aussi, nous ne sommes qu’au début des débats et nous apprécierons au fur et à mesure que les questions seront sur la table » a tranché le diplomate.
Enfin concernant les chances de la Côte d’Ivoire de voir ses trois projets de résolution (Financement des OMP africaines, Droit de l’Homme et Action de maintien de la paix), le président ivoirien du conseil de sécurité dira : « je suis optimiste à faire aboutir les 3 résolutions. Nos experts y travaillent. Nous portons deux des trois avec les Pays Bas. Enfin ce qu’il faut retenir c’est que la Côte d’Ivoire ne fait que conduire les travaux au sein du conseil. Lesquels travaux sont discutés par l’ensemble des membres du conseil ».

Philippe Kouhon, envoyé spécial aux nations unies.

Dernière modification le 04/12/2018

A propos de l'auteur

Philippe Kouhon

E-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 

Site d'actualité et d'informations en continu sur l'Afrique francophone‎ et le monde.

 

Vos informations également disponibles dans votre magazine en version Pdf sur le site, et en kiosque en France, Belgique et plusieurs pays d'Afrique francophone.

Derniers articles

Les plus populaires

Newsletter

Soyez au courant de toutes les news, inscrivez-vous à notre Newsletter!