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Conseil de Sécurité : ce que dit le dernier rapport sur le rôle de l’ONU en Côte d’Ivoire (Exclusif)

Le conseil de sécurité a rendu public le dernier rapport du secrétaire général  de l’ONU sur le rôle des nations unies  en Côte d’Ivoire (ONUCI). Afrikipresse propose ici un pan du décryptage fait par le  groupe de travail du conseil de sécurité sur les opérations de maintien de la paix lors de sa séance de débriefing ce vendredi 7 décembre 2018 présidée par  Kacou Houadja Adom Léon, représentant permanent de la Côte d’Ivoire aux nations unies et président du conseil de sécurité pour le mois de décembre.

C’est un rapport de 27 pages. En effet, dans la déclaration qu’a faite le président du conseil de sécurité   le 30 juin 2017 (S/PRST/2017/8) à l’occasion de la fermeture de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), le Conseil de sécurité  avait prié le Secrétaire général de l’Onu d'entreprendre d'ici une année, dans la limite des ressources disponibles, une étude approfondie du rôle de l'ONUCI dans le règlement de la situation en Côte d 'Ivoire depuis sa création, en tenant compte des contributions de la médiation politique, du régime des sanctions ainsi que d'autres facteurs pertinents, le cas échéant, qui ont permis de mener à bien le mandat de l'ONUCI.

 

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« On mesure le chemin parcouru quand on se souvient que l’ONUCI a été déployée en 2004 dans un pays coupé en deux, un pays aujourd’hui sur le chemin de l’émergence : c’est indéniable, l’action de l’ONU a été au cœur de cette trajectoire positive, de ce succès. Une opération de maintien de la paix doit toujours partir à un moment donné. Lorsque cela se produit, cela ne signifie pas que le pays n’a plus de défis à relever. Le maintien de la paix est un outil qui crée un espace pour des solutions politiques nationales, mais il appartient au pays, et en particulier à ses responsables politiques, de poursuivre l’action engagée, de consolider puis pérenniser la paix » a dit Alexandra Novosseloff, Dr ès science politique de l’université de paris II, chargé de mission au ministère français de la défense (membre du groupe de travail). Elle s’appuiera sur son propre rapport écrit à l’International Peace Institut sur les multiples vies de l’ONUCI pour commenter le rapport du secrétaire général de l’ONU.

Pour elle, l’ONUCI a vécu 13 années d’une vie tumultueuse, dans laquelle figurent les ingrédients du maintien de la paix. A savoir, la résolution d’une crise à plusieurs dimensions nécessitant une réponse multidimensionnelle ; la question du consentement de l’Etat-hôte à la présence de l’opération ; la présence d’une puissance P5 en soutien ( à la fois diplomatique et militaire) à cette opération ; l’organisation et la certification d’un processus électoral ; la mise en place d’importants processus permettant la restauration de l’état de droit et la sortie de crise ; et la mise en place d’un régime de sanction. 

 

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« l’ ONUCI a utilisé toute la palette des instruments dont le Conseil de sécurité a à sa disposition à des moments clés de la crise, souvent aussi en coopération avec les acteurs régionaux et sous-régionaux » a-t-elle déclaré.

Les 7 facteurs qui ont milité en faveur du succès de l’ONUCI


Le Consentement des autorités ivoiriennes


La délégation ivoirienne auprès des nations unie


Le rapport du secrétaire général rappelle qu’avant 2010, le consentement de l’Etat ivoirien a été pour le moins fluctuant. « Ce qui a posé des difficultés à l’ONUCI dans son travail au quotidien pour stabiliser la situation sécuritaire, mais aussi aux processus de paix qui se sont succédés qui avant l’Accord politique de Ouagadougou en 2007, s’étaient déroulés en dehors du pays, et avec des acteurs nationaux qui s’en étaient distancés. Il a aussi compliqué le bon déroulement des élections ».

Deuxièmement, l’usage de la force a été un dilemme tout au long de l’existence de l’ONUCI « face à de nombreuses manifestations violentes, la sécurisation de hauts fonctionnaires et de candidats à l’élection présidentielle issus de l’opposition, la protection du président nouvellement élu autour de l’Hôtel du Golf, et l’action robuste adoptée face à l’usage d’armes lourdes (…) Dans cette tâche, l’ONUCI a pu compter sur la constante solidarité politique de la France en sa qualité de membre permanent du Conseil de sécurité pour gérer la crise d’un pays qui était aussi au cœur de ses intérêts stratégiques dans cette partie du monde » note le rapport du SG de l’ONU.

 

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En outre, « si le rôle de l’ONUCI en matière de certification a initialement été controversé car le résultat des élections a de fait conduit à une crise où les deux parties ont eu recours à la force, il a toutefois lié toutes les parties prenantes au résultat de l’élection et in fine, la légalité du processus et l’unité du pays ont et préservées ».

Quatrièmement, le rapport note que l’un des points originaux de l’ONUCI fut sa proximité avec la mission des nations unies au Libéria. « En cas de résurgence de l’insécurité après le départ de l’ONUCI, une force spéciale de 650 soldats bien équipés et bien entraînés, transférées depuis vers une autre opération de la région interviendrait » révèle le rapport.

Cinquièmement, l’ONUCI a innové en créant en son sein une unité permanente chargée de surveiller l’embargo sur les armes ou autres sanctions. « L’adhésion des pays de la sous région a été essentiel au respect des sanctions éditées par le conseil de sécurité » a rappelé le SG de l’ONU.

 

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Le rapport souligne aussi le rôle indéniable de la radio ONUCI FM. « La création d’une radio non partisane a été l’un des instruments de l’instauration d’un débat démocratique plus équilibré. La commission Vérité et Réconciliation fut également un outil indispensable à l’instauration d’une paix durable ».
Enfin, le rapport note que la réforme de la sécurité avec son programme DDR fut un autre élément essentiel à la stabilisation du pays.

Avant la séance de débriefing, la Côte d’Ivoire a invité les Etats membres du conseil de sécurité à une exposition photos. Œuvre de la mission onusienne en Côte d’ivoire et des photographes, Basile Zoma et Ky Chung. Des images qui retracent le travail de l’ONUCI.

Philippe Kouhon, envoyé spécial aux nations unies
 

Dernière modification le 09/12/2018

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Philippe Kouhon

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