Printemps BM-FMI 2019: D'ici 2030, près de 9 personnes extrêmement pauvres sur 10 seront des Africains (David Malpass)

Le nouveau président du groupe la Banque mondiale, David Malpass était face à la presse le jeudi 11 avril 2019 dans le cadre des réunions de printemps 2019 du groupe la banque mondiale et du Fmi. Selon lui, le continent africain court un risque de concentration accrue de la pauvreté dû à la fin des réformes structurelles et une incertitude politique.

« Selon les calculs de la Banque mondiale, la croissance mondiale a ralenti en 2018, tombant à 2,7% au quatrième trimestre, contre 3,3% au premier trimestre. La décélération a été constatée à la fois dans les économies avancées et dans les économies en développement et elle a coïncidé avec trois autres signes avant-coureurs: la fin des réformes structurelles dans les grandes économies; les tensions financières dans certains grands marchés émergents; et une incertitude politique élevée à l'échelle mondiale(…)

 

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Selon les tendances actuelles, la croissance du revenu par habitant dans l’ensemble de l’Afrique subsaharienne devrait rester inférieure à 1% jusqu’en 2021 au moins, ce qui augmente le risque de concentration accrue de la pauvreté extrême sur le continent. Ce fait est extrêmement troublant car il met en péril le principal objectif de la Banque mondiale, qui est de mettre fin à l'extrême pauvreté d'ici 2030. D'ici 2030, près de 9 personnes extrêmement pauvres sur 10 seront des Africains et la moitié des pauvres du monde vivront dans des environnements fragiles et touchés par un conflit. Cela appelle une action urgente de la part des pays eux-mêmes et de la communauté mondiale » a introduit le 13e président de la Banque mondiale, David Malpass avant de répondre à une série de questions des journalistes.

Sur les questions du changement climatique, de l’économie numérique et surtout du flux de capitaux chinois qui pourrait alourdir les dettes africaines, il a dit : « En ce qui concerne le changement climatique, il est important de noter qu’il a souvent un impact majeur sur les plus pauvres, ce qui ajoute au défi. Comme vous le savez, le plan d’action pour la lutte contre le changement climatique définit des objectifs pour la Banque, objectifs qui, à mon avis, sont réalisables pour atténuer certains des effets du changement climatique. Et cela découle des types de prêt liés à l'atténuation, ainsi que des types de prêt adaptés. Autres produits innovants dans lesquels la Banque peut être impliquée (…)

 

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En ce qui concerne l'économie numérique, il est essentiel que les personnes agissent rapidement pour progresser rapidement en termes de développement économique. Ainsi, dans l’économie numérique, la Banque mondiale a des programmes qui tentent de transférer certaines des connaissances acquises en Afrique de l’Est à l’Afrique de l’Ouest et à d’autres pays. Je pense donc qu’une des choses que l’on peut faire est de regarder les histoires de réussite et de voir si vous pouvez les faire fonctionner ailleurs.

Pour ce qui est de votre troisième point, en ce qui concerne la Chine et l’accumulation de dettes, laissez-moi prendre un instant - quelques instants à ce sujet. La dette est un facteur de croissance économique, mais si cela n’est pas fait de manière transparente et si l’accumulation de la dette ne donne pas de bons résultats, vous finirez par avoir un impact négatif sur les économies. Et l’histoire regorge de situations dans lesquelles une dette excessive a entraîné des économies.

 

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Ce que nous essayons de faire - et la Banque mondiale est un élément clé du projet sur la transparence de la dette et de la collecte de données encouragée par le G20 - c’est donc un projet sur lequel nous travaillons sans relâche Il est essentiel de divulguer de manière transparente la dette au fur et à mesure de sa création et de mettre ensuite l'accent sur de bons résultats en termes de qualité-projets. Cela est essentiel pour les pays pauvres qui tentent de faire en sorte que les projets soient associés à des programmes de bonne qualité et à une divulgation complète de la dette».

Philippe Kouhon, envoyé spécial à Washington

 

Dernière modification le 14/04/2019

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Philippe Kouhon

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