Économie togolaise : états des lieux, enjeux et limites d'une nécessaire industrialisation

Axe important d’une économie qui se veut émergente, l’industrialisation aujourd’hui a fait ses preuves dans le développement des pays moins avancés, en matière de création de richesse et d’emplois. Le Togo et d'autres pays qui visent « l’émergence à l’horizon 2030 » en Afrique de l’Ouest sont peu industrialisés et restent fortement dépendants des produits manufacturés et transformés, importés de l’occident. Situation très « anormale » selon les experts qui pensent que l’industrialisation est une étape sine qua non au décollage de l’économie togolaise.

Situation de l’économie togolaise aujourd’hui

Selon les estimations de certains partenaires au développement économiques, le Togo connaîtra au cours de cette année une croissance, d’environ 5,4%. Cette croissance est la résultante des investissements effectués par les autorités dans le secteur des infrastructures des transports, dans les industries extractives, et dans l’industrie bancaire. Le gouvernement a mis en œuvre un programme de rénovation et de construction routière, aussi bien à Lomé, qu’à l’intérieur du pays, avec des financements qui, selon les analystes, avoisinent 1.000 milliards F.FCA.

Les problèmes de sous-emploi dans le secteur

Il n’existe pas beaucoup d’industrie au Togo, et celles qui existent n’arrivent pas à offrir de bonnes conditions de travail aux jeunes. En outre, les travailleurs ne bénéficient d’aucune couverture sociale, et sont souvent victimes d’accidents graves dans leur travail. Le cas récent de l’accident de l’industrie de fabrication de ciment de Tabligbo un village situé à quelques kilomètres de Lomé qui a fait plusieurs morts , celui de CIMTOGO et d'autres industries qui font chaque année, des dizaines de blessés graves , en sont quelques illustrations parmi tant d’autres.

L’essor de la consommation nationale

Il est aussi constaté au Togo comme dans d’autres pays de l’Afrique, l’émergence d’une nouvelle classe sociale de plus en plus importante et qui, aujourd’hui représente la majeure partie des consommateurs nationaux. Cela a pour retombée directe, l’essor d’un véritable marché intérieur, qui n’existait vraiment pas auparavant. Mais, le contraste dans cette affaire, est que le marché togolais reste fortement dépendant des importations, à cause du manque d’industries de transformation.

Déjà à l’époque coloniale, les ménages togolais étaient dépendants des importations des produits de consommation en provenance d’Europe. Et depuis, ce sont les États Unis d’Amérique, le Japon, la France, l’Inde, la Chine, et même depuis une quinzaine d’années la Côte d’Ivoire, le Ghana et bien d’autres encore qui fournissent le marché togolais en produit alimentaires. Le peu d'industries de transformation existant sur la place togolaise subit une très grande concurrence des produits étrangers. Ce qui pousse à fermer très tôt leurs portes.

Aujourd’hui à l’exception de quelques industries de transformation étrangères, le Togo présente un paysage économique très peu industrialisé et fortement dépendant des autres pays de la, sous-région Ouest-Africaine, d’Europe, d’Asie et des USA. « Il y a très peu ou carrément pas de producteurs des produits d’alimentation générale au Togo. Les marchandises que nous vendons au grand marché, nous les commandons depuis l’étranger », confiait une revendeuse en magasin au marché de Lomé.

Encourager la création d’usines au Togo

Il est vrai que plusieurs initiatives ont été mises en œuvre par le gouvernement, afin de doter le pays d’industries de transformation. Mais la plupart n’ont pas duré et ont dû fermer leurs portes.

Toujours dans l’optique d’encourager l’industrialisation au Togo, le gouvernement a procédé à la création d’un cadre de concertation entre lui et le secteur privé. Cela a permis de réduire les impositions des sociétés industrielles qui étaient de 37% à maintenant 27%.

Autre initiative, celle de la création de la zone franche qui devrait constituer un pas vers l’industrialisation du pays, « mais les performances de la zone franche sont en deçà des ambitions et des objectifs qui lui ont été assignés. En outre, elle n’offre pas grand-chose à la jeunesse togolaise en termes d’emploi viable» , confie cet acteur de la société civile.

Rachidou ZAKARI

 

Dernière modification le 22/08/2015
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