Côte d’Ivoire, Guémon : révélations sur l’affaire des 290 km de bitume (exclusif)

Inscrit dans le schéma d’aménagement du territoire de la région du Guémon (STRAT), le projet de bitumage de 290 km de route à l’Ouest, censé être bouclé depuis avril 2018 est au point mort. Alors que le nouveau conseil régional s’active à le remettre sur pied, pour Evariste Méambly, il peut y avoir un problème si les nouvelles négociations sont menées avec les anciens partenaires. Explications !

Le nouveau président du conseil régional du Guémon (Ouest), Serey Doh Célestin dit Adjaro séjourne actuellement en France pour une série de rencontres avec des partenaires au développement, et surtout dans le cadre de la réalisation du projet de bitumage de 290 km de route du Guémon, initié sous l’ancien conseil présidé par Evariste Méambly.


« Ce projet fait partie du STRAT, un schéma d’aménagement global de la région du Guémon sur 19 ans, de 2016 à 2035 et dont les études ont été confiées au Benedt pour un coût de 82 millions Fcfa. Pour sa réalisation nous avons approché deux partenaires turques. Le groupe d’entreprises CET (consolidated Engeneering and Trading Co S.A.L), et la société Kayi-Entreprises Group. Ils nous ont fait une première facture de 445 millions d’euros soit 291,475 milliards de Fcfa. Le problème c’est qu’après un premier accord, les deux sociétés turques sont entrées en conflit sur des questions d’intérêt. Secondo, après une deuxième étude, les techniciens du Bnetd, de l’Ageroute et des différents ministères associés ont trouvé trop élevée, la facture des entreprises turques. Il a donc été demandé à CET et Kayi de trouver une solution à leur différend, mais aussi de revoir à la baisse leur facture. Et depuis nous attendons (...). Nous avons signé un contrat ouvert. Les turques n’ont donc pas l’exclusivité du projet. L’État de Côte d’ivoire est libre d’aller négocier avec d’autres entreprises, et je crains que le projet prenne encore du retard si les nouveaux dirigeants de la région reprennent les mêmes partenaires », a révélé l’ex président du conseil régional du Guémon, Evariste Méambly du retard dans l’exécution du projet.


Selon JT Conseil qui est à la base des négociations avec les partenaires turques, il n’y a pas à s’inquiéter.

« C’est moi qui ai proposé à M. Meambly qui était de passage à Paris de trouver des financiers pour le projet des 290 km de route. Voilà comment des amis et moi, je citerai, Sehi Antoine, Damien Bly et Tao Jules nous avons monté JT Conseil. C’est JT Conseil qui a approché son partenaire turque, le groupe CET. Nous avons ensuite mis Méambly au devant des négociations d’abord par ce que c’est son projet,  et aussi parce que c’était lui le président du Guémon de l’époque.


Seulement, le groupe CET qui disposait d’un capital de 40 millions d’euros, est apparu trop petit pour décrocher l’appel d’offres. C’est CET qui a fait appel à Kayi qui lui avait un capital conséquent, 1 milliard d’euros. Et  au vu des apports de chacun, CET devrait être un sous traitant de Kayi. C’est sur cette dernière proposition que  les deux partenaires se sont heurtés. Voilà comment  CET a été éjecté du projet. La société KAYI a donc repris attache avec Evariste Méambly parce que désormais seule sur le projet. Méambly n’a jamais répondu à ce premier courrier.

Après l’élection régionale d’octobre 2018, la société KAYI a à nouveau écrit à Méambly aux fins de rendre caduque les clauses du contrat qui les liaient vu que la région avait désormais de nouveaux dirigeants. Là encore Méambly est resté muet. JT Conseil a donc décidé de poursuivre le projet avec KAYI et la nouvelle équipe du conseil régional du Guemon.


C’est ce qui explique la présence actuellement du président Serey Doh Célestin en France, qui je précise est venu avec le directeur technique de Méambly, qui connaît bien le dossier, Doumbia Diomandé Lacina. Enfin, je puis vous rassurer que tout se passe bien. Le nouveau dossier avec le coût aux normes ivoiriennes est sur la table du ministre des Infrastructures économiques Amédé Koffi Kouakou. Nous attendons qu’il soit validé par le Premier ministre, ministre du budget et portefeuille de l’État , Amadou Gon Coulibaly pour commencer les travaux », a expliqué Basile Tehy, opérateur économique ivoirien résidant en France, membre de JT Conseil.


Selon Basile Tehy, le projet de bitumage de 290 km de route devrait désormais couter à la Côte d’ivoire autour de 350 millions d’euros, soit près de 100 millions d’euros en moins. « Les travaux vont commencer par l’axe Man-Kouibly, dont les études ont déjà été bouclées. Les autres suivront après étude » a-t-il conclu.


Selon le document dont Afrikipresse a eu copie, il s’agit de plusieurs tronçons de route de 2 voies d’une largeur de 10mètres pour un trajet total de 290 km, et qui se présente comme suit  : Duekoué-Kouibly (74 km), Kouibly-Bangolo (31 km), Bangolo-Facobly (49 km), Facobly-Kouibly (41 km), Kouibly-Totodrou (18 km), Totodrou-Man (30 km), Seguela-Semien-Sifié (47km).



Philippe Kouhon

Dernière modification le 25/03/2019

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