fbpx

Découverte : le Palais du Naaba Saaga 1er (Issouka- Koudougou)

Profitant de la 26e édition du Fespaco, nous nous sommes rendus le mardi 26 février 2019 à Koudougou, ville située à 117 km de la capitale, Ouagadougou, dans le centre-ouest du pays. Notre curiosité nous conduira sur le site touristique de Maasme (le palais du chef Naaba Saaga 1er) , dans le quartier Issouka.

La ville de Koudougou ou encore capitale des mossi, compte  5 grands  quartiers ou piliers de Koudougou (Issouka, Dapoya, Burkina, Sonpelsé, Godin)  et 10 secteurs. Issouka est le quartier central ou premier village de Koudougou. Situé sur la route de Réo, Issouka est le seul quartier qui abrite un site touristique avec un Palais.
Notre guide s’appelle Jacques Yaméogo. Il est le fils de Naaba Baogo (1983-2001) et cousin de l’actuel chef, Naaba Saaga 1er.
A l’entrée du palais Maasme qui signifie l’ombre comme pour accueillir les visiteurs à l’ombre du baobab, symbole de Koudougou, se trouve une statue montrant le premier chef du quartier Issouka, Naaba Bulgo. Né vers 1875, il devint chef d’Issouka en 1930 jusqu’à sa mort en 1962.
Dans sa succession, on trouve, le Naaba Siigri, son fils (1965-1980), le Naaba Baogo, son deuxième fils (1983-2001), puis l’actuel chef, le Naaba Saaga 1er, au trône depuis 2005. Ils sont tous des chefs traditionnels.
Il faut savoir que chez les mossi, il y a deux types de chefs : Le chef traditionnel, celui qui possède le nam (pouvoir) et qui a en charge la gestion politique de la population. La succession est assurée par le lignage (le fils aîné qui succède au chef défunt). On a ensuite le chef coutumier ou chef de terre. C’est le gardien des fétiches. Sa succession est gérontologique (le plus âgé de la famille devient chef).


Le palais Maasme.


A l’entrée du Palais, deux bustes. Celui de la guerrière Yennenga, la mère des Mossi et Rialé, son mari. Construit en banco sur une surface de 300 mètres carrés, le palais du chef Naaba Saaga 1er est constitué de 12 voutes (10 au sol et 2 à l’étage). Il a nécessité 25000 briques en terre pour sa construction et pèse 155 tonnes. Le palais possède une salle d’audience où le Naaba reçoit ses invités. On trouve également dans le palais, une salle de conférence et une bibliothèque. « Le chef ne fait pas la politique. Il ne reçoit donc pas de don des hommes politiques. Il rénove le palais sur fond personnel depuis 2010. C’est un fonctionnaire international. Il travaille à l’UNICEF et vit à Ouaga. Il ne revient ici que tous les vendredis pour repartir les dimanches. Il viendra vivre ici à sa retraite » nous raconte Jacque Yaméogo, notre guide.

 
Le musée « Rayimi »



« Dieu nous donne des idées que des humains nous aident à mettre en œuvre » est inscrit sur la plaque à l’entrée du musée. Composé de 4 salles d’exposition, le musée retrace l’histoire du peuplement de la ville de Koudougou et des villages environnants à travers des photographies mais aussi l’histoire du coton, des collectionneurs d’objets divers et montre une présentation des personnes qui ont marquées le quartier Issouka. L’entrée est payante. Les étudiants et élèves ont un forfait de groupe.


La place Naaba Bulgo et la fête de l’abondance

A l’angle du musée et du Palais se trouve, la place Naaba Bulgo. C’est là qu’est célébrée tous les premiers samedis du mois de février, la fête de l’abondance ou le Naabasga. Selon la légende, cette fête qui se situe après les récoltes a un lien avec Pog-Toenga, la mère de Naaba Wubri. Une grande pluie serait tombée le jour des funérailles de cette dernière, retardant les semailles. Toutefois la récolte fut abondante. En esprit aux funérailles donc de dame Pog-Toenga, naissait cette pratique du Naabasga. A cette occasion, l’usage veut que les ancêtres soient remerciés pour avoir permis une bonne récolte. Il leur est demandé par la même occasion bénédictions pour la récolte à venir. « Lors de la cérémonie, le Naaba prend place sous le dôme entouré de la population. Il fait trois sorties. Une première, en tenue traditionnelle de couleur rouge pour dire que le chef combat pour son peuple. La deuxième sortie est en tenue blanche, signe d’unité et de paix et enfin il sort dans une tenue avec plusieurs motifs pour dire qu’il est là pour tout le monde. A la fin de la cérémonie à laquelle participe les autorités de la ville et des invités ainsi que d’autres chefs, les habitants lui offrent des cadeaux, des cuvettes de riz, mil et sorgho » nous raconte notre guide. Le dernier Naabasga fut le samedi 2 février dernier.

Philippe Kouhon, envoyé spécial au Fespaco

Sur le même sujet

A lire aussi >>Ouaga, ouverture du Fespaco puissance 26 et an 50 : les feux d’artifice créent l’angoisse

A lire aussi >>Fespaco2019 : des journalistes et autres invités à la table du ministre Alpha Barry

A lire aussi >>Fespaco 2019, Jour-J+2 : regards critiques sur 4 films diffusés

A lire aussi >>La Côte d’Ivoire au Fespaco 2019 : des stands, 16 films, 3 séries télé, 32 projections

A lire aussi >>Fespaco-Félix Siboniyo ( Rwanda) : « il est temps que les africains vivent de leurs arts ».

A lire aussi >>Fespaco 2019: réactions sur le film «Le cimetière des éléphants»(Alpha Barry,T.Kpomahou)

Dernière modification le 27/02/2019

A propos de l'auteur

Philippe Kouhon

E-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 

Site d'actualité et d'informations en continu sur l'Afrique francophone‎ et le monde.

 

Vos informations également disponibles dans votre magazine en version Pdf sur le site, et en kiosque en France, Belgique et plusieurs pays d'Afrique francophone.

Derniers articles

Les plus populaires

Newsletter

Soyez au courant de toutes les news, inscrivez-vous à notre Newsletter!