Burida - Pat Sako (15 millions par répartition au ministre) Bandama Maurice : calomnie, je vais le poursuivre

Dans une lettre ouverte datée du 29 juin 2018, adressée aux artistes de Côte d’Ivoire via les réseaux sociaux, le chanteur Zouglou Pat Saco vous accuse de toucher de façon officielle, en votre qualité d’écrivain, la somme de 15 millions de Francs Cfa par répartition au niveau du Bureau ivoirien du droit d’auteur (Burida). Soit, 60 millions par an et 240 millions durant le mandat de 4 ans du PCA (Séri Sylvain : Ndlr) que vous aurez auparavant imposé. Puis, il s’est posé la question suivante : "Allez-vous imaginer ce qui se passe de manière officieuse surtout que les répartitions de droits généraux se font sans aucun critère, pendant ce temps, le créateur de cet argent se meurt". Que lui répondez-vous, Monsieur le ministre ?

Il ne va pas arrêter ses calomnies, lui ? Ça, ce sont des choses que je ne vais pas continuer d’accepter. Je vous demande de vous mettre en contact avec Mme Vieira, parce qu’il dit que je touche officiellement 15 millions Fcfa par répartition. Allez au Burida pour vérifier ! Si c’est officiel, il doit y avoir des traçabilités. Vous pouvez vérifier les répartitions. Allez vérifier avec la DG du Burida, je lui ai adressé votre message. Je ne laisserai pas ça, sans suite, parce que je ne peux accepter ces calomnies. Moi, en tant qu’auteur, je n’ai jamais reçu de droits depuis 1990. Alors, s’il pense qu’à chaque répartition, le Burida octroie 15 millions Fcfa au ministre que je suis, vous pouvez le vérifier au Burida. Mais je vous avoue que je ne laisserai pas une telle calomnie prospérer. (…).

C’est du mensonge. Peut-il vous donner les preuves de ce qu’il dit ? C’est du mensonge. Dans les textes du Burida, il y a la contribution au fonds de soutien à la culture. C’est ce qui alimente la contribution du ministère à l’attention des artistes. C’est ce qui permet au ministère de soutenir les artistes en cas de besoin ou bien lorsqu’ils sont malades. C’est ce qui permet au ministère de faire face à un certain nombre de situation. Lorsque par exemple, le vieux N’goran La Loi (l’époux d’Allah Thérèse : Ndlr) est décédé, il est revenu au ministère de payer la tombe, le cercueil…Le fonds de soutien à l’action culturelle est une ligne directe, une ligne officielle qui contribue à alimenter le fonds de soutien à l’action culturelle. Ce n’est pas à moi en tant qu’individu que c’est destiné. Ce sont des fonds qui sont versés au Burida que vous pouvez vous-même vérifier. Vous pouvez donc vérifier la partie officielle dont il parle. Le Burida apporte une contribution grâce aux droits non-repartis aux artistes eux-mêmes….

Mais dites-nous , en votre qualité de Ministre, combien percevez-vous au niveau du Burida ?

(Il hausse le ton : Ndlr) Je n’ai rien à percevoir du Burida. Le ministre que je suis à son salaire, je n’ai donc rien à percevoir du Burida.

Que répondez-vous alors à ceux qui affirment que le fait que le Burida reste la vache à lait des ministres de la Culture, relève d’un secret de Polichinelle ?

(Il hausse encore le ton : Ndlr) Écoutez, arrêtez cela. Lorsque je suis venu, j’ai mis de l’ordre dans cette maison (…) J’ai géré la mairie de Taabo (ex-maire de cette commune : Ndlr) pendant 13 ans où j’ai géré des milliards. J’ai géré la RTI (ex-PCA), j’ai géré la Poste de Côte d’Ivoire (ex-PCA), et pendant que j’étais à la tête de toutes ces structures, j’ai géré des milliards. Claude Dassé, nous nous connaissons vous et moi, avant même que je ne sois ministre, vous n’avez jamais appris que j’ai pris de l’argent. Je suis un homme intègre ! Je suis un écrivain, je suis un homme de culture et j’essaie de faire ma vie politique sainement sans plonger dans ces magouilles là. Je sais comment je me bats pour gagner mon argent.

Il y’a eu peut-être des ministres avant moi qui ont plongé le Burida. Des ministres a qui il a été reproché d’avoir payé des billets d’avion de leurs femmes et leurs enfants avec l’argent du Burida, pas moi. Je suis venu et j’ai mis fin à tout cela. Puis, j’ai dit à mes collaborateurs que celui qui fera ces choses là, je vais le renvoyer. J’ai quand même mis de l’ordre. C’est avec moi que le Burida a commencé à verser des centaines de millions aux artistes. Alors, s’il y a des gens qui continuent de penser que tous les ministres sont pareils, et qu’ils vont plonger leur mains dans les caisses du Burida, qu’ils sachent que je ne suis pas de cette nature là. Vous me connaissez bien, je n’ai jamais été mêlé à ces affaires là. Cela fait 20 que je suis à la Fonction publique, et je n’ai jamais été plongé dans ces affaires là. Donc si Pat Sako me calomnie, je vais le poursuivre parce que je ne peux plus accepter cela. En 2012, j’ai accepté des injures parce que nous étions en train de faire des réformes au Burida. Nous avons mis de l’ordre, et je veux que ça cesse.

En clair, vous confirmez que le Burida n’est pas votre caisse noire ?

Pas du tout ! En Afrique, le Burida est considéré comme la troisième société d’auteur, après l’Afrique du sud et l’Algérie, en raison de sa bonne gestion. Le Burida aujourd’hui est suivi par toutes les sociétés de droit d’auteur, et son compte est vérifié par des experts, au niveau national. Tous les mouvements qui sont faits au Burida sont suivis par des instances internationales. On ne prend pas 5 francs au Burida sans traces . Avec tout ce qu’il y a comme contrôle, pensez-vous qu’on peut faire à présent du Burida une caisse noire ?

Claude Dassé

Dernière modification le 01/07/2018

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Dasse Claude

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