Depuis le 06 avril 2017, le conseil des Ministres au Bénin a annoncé l'instauration d'un prélèvement de 50 FCFA par kilogramme de noix de cajou brutes exportées, indépendamment de la taxe de 10 FCFA sur les exportations du même produit. Cette mesure fait suite à une autre fixant le prix plancher à 500 FCFA le kilogramme au motif de vouloir encourager la transformation locale et l’amélioration du niveau de vie des producteurs. Certes, l’intention louable, mais est-ce la meilleure solution ?

Le 15 mars 2017, le Gouvernement béninois a transmis à l’Assemblée nationale un projet de révision de la constitution datant du 11 décembre 1990 pour un examen en procédure d’urgence. Malgré la mise en place, il y a quelques mois, d’une commission qui a donné son avis sur les différentes réformes envisagées, ce projet a été rejeté le 5 avril 2017 par les députés. Alors que le candidat Patrice Talon avait annoncé cette révision et avait été élu sur cette base, pourquoi son projet a finalement été rejeté?

Avec le rejet par les députés de la réforme constitutionnelle au Bénin, le Président Patrice Talon , en dehors de son seul engagement moral , n'a aucune obligation constitutionnelle ou légale de se conformer à la promesse d'un seul et unique mandat présidentiel.

Le 20 janvier 2017, l’Unicef lançait au Bénin un film sur l'exploitation économique des enfants. Ce fut l’occasion pour le représentant du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) au Bénin, Claudes Kamenga  et la Ministre du Travail, de la Fonction Publique et des Affaires Sociale  du Bénin de réitérer l’urgence d’agir pour éradiquer ce phénomène. Renforcer la loi, est-ce une solution pertinente ?

Au Bénin, l’espace public est anarchiquement occupé par le commerce, mais aussi par la foi. Prenant ses responsabilités, l’Etat a décidé de mettre fin au désordre. Si le déguerpissement des commerces a été opéré, ça tarde au niveau des confessions religieuses, surtout les musulmans qui dénoncent une violation des libertés de culte.

Au Bénin, depuis la Conférence nationale qui a ouvert la voie au multipartisme, on assiste à un émiettement continu du champ politique. Largement tributaire du nomadisme politique, la création de partis politiques est devenue une activité rentable. Le Bénin compte aujourd’hui plus de 300 partis politiques dont à peine 10% ont exercé un mandat électif depuis 10 ans. Pire, depuis la fin du Marxisme-léninisme marqué par des années d’autoritarisme, aucun membre du sérail politique n’a été élu Président de la République jusqu’à ce jour. Mais comment rationaliser le champ politique, sans porter atteinte au droit d'association, et à la liberté d'expression?

Février 2016, alors que la campagne présidentielle battait son plein, Lionel Zinsou était en visite à Abomey, cité historique symbole de la pénétration et de la domination française. Accueilli par une foultitude de curieux, le candidat savait quoi servir pour captiver. La question du rapatriement des biens culturels s’invite ainsi dans le débat national. Quelques mois plus tard, c’est à travers une envolée de parole du ministre Pascal Irénée Koukpaki, que les journalistes vont apprendre que le Président Patrice Talon tenait à réaliser la promesse de son challenger ; et que la France serait déjà officiellement saisie.

A l’instar de plusieurs pays africains, le Bénin a lancé une opération de déguerpissement qui est rentrée dans sa phase active depuis le 4 janvier. Ces opérations sont justifiées, par le pouvoir central, au nom de la récupération du domaine public, de l'aménagement urbain et surtout la lutte contre l'informel. Si les objectifs de cette opération peuvent sembler justifiés, au vu de l’anarchie qui règne, il faudrait comprendre comment en est-on arrive là?

L’interpellation puis la garde à vue , par la compagnie de gendarmerie maritime du port de Cotonou, le vendredi 28 octobre 2016, de Sébastien Ajavon, arrivé en troisième position aux dernières élections présidentielles béninoises, fait grand bruit dans le pays.


Le 5 octobre dernier, le gouvernement béninois a adopté un décret portant interdiction des activités des associations et organisations estudiantines faitières, dans les quatre universités nationales (Université d’Abomey-Calavi, Université de Parakou, Université polytechnique d'Abomey et l'Université des Sciences agronomiques de Porto-Novo). Si cette décision administrative ambitionne de mettre de l’ordre dans les universités publiques du Bénin, en particulier à l’UAC en proie à la violence et à l’insécurité depuis plusieurs années, cette suspension porte des germes dommageables à la liberté.

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