Yves Le Drian depuis Ouaga : « la France soutient le Burkina pour sa propre sécurité »

Le ministre français de l’Europe et des Affaires Etrangères, Jean Yves Le Drian s’est entretenu ce vendredi 19 octobre 2018 avec le président du Faso, Roch Christian Kaboré au Palais Présidentiel de Kossyam à Ouagadougou en présence du ministre Alpha Barry, chef de la diplomatie burkinabè.

C’est la deuxième fois en moins d’un an que Jean Yves Le Drian vient à Ouagadougou. Déjà présent aux côtés du personnel français de l’ambassade de France à Ouagadougou lors des attaques djihadistes perpétrées simultanément à la chancellerie française et à l’état major des armées burkinabè à Ougadougou en mars 2018, cette fois, Le Drian est là pour dit-il honorer les engagements pris par le président Macron lors de sa visite en novembre 2018. Il s’agit d’offrir une maison aux jeunes talents burkinabè, désormais trait d’union entre les jeunesses française et burkinabè. Mais avant son inauguration, Yves Le Drian a été reçu en audience par le chef de l’Etat, Roch Christian Kaboré.

 « Nous avons fait le point sur l’ensemble des dossiers bilatéraux mais aussi l’appréciation de la situation dans la région. Dans le domaine du développement et sécuritaire. Ce qui me frappe, c’est la qualité de la relation, c’est la confiance, c’est l’engagement mutuel. Nous avons fait le point avec le président Kaboré de la mise en œuvre des engagements qui avaient été pris par le président Macron lors de sa venue désormais célèbre à Ouagadougou. C’est d’ailleurs dans ce prolongement que nous allons tout à l’heure inaugurer la maison des jeunes talents du Burkina Faso(…)

Nous avons aussi fait le point sur les enjeux de développement appelé ‘’opération de développement des trois frontières’’ pour laquelle la France va contribuer à hauteur de 10 millions d’euros. Nous avons parlé aussi du développement urbain de Ouaga, la nouvelle gare routière et l’aménagement des quartiers périphériques. On a pu faire le point sécuritaire et évoqué ensemble le renforcement de la force conjointe Sahel qui est une initiative très forte du G5 et qui se met progressivement en œuvre face à un combat contre le djiadhisme qui est permanent. La dernière fois de ma venue ici c’était pendant les évènements de mars concernant l’attaque de l’état major des armées burkinabè et l’ambassade de France. Cela m’a permis de redire au président combien de fois la France était disponible pour aider à la sécurisation de ce pays qui nous est très cher. Un partenaire à la fois amical et audacieux. Enfin ma venue ici permet de préparer la venue du président Kaboré en France en visite officielle, le 17 décembre prochain. Ce sera l’occasion de conforter l’ensemble des actions dont nous avons parlées aujourd’hui dans un état de grande franchise » a déclaré face à la presse, Jean Yves Le Drian à sa sortie d’audience.

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A la question de savoir le type de soutien que la France apporte de façon concrète pour la sécurisation du Burkina, Yves Le Drian a dit : « Nous avons déjà une assistance militaire et technique. Les autorités burknabè ont souhaité que Barkhane intervienne, cela a été le cas. Nous sommes en assistance de la force conjointe du G5 puisque la sécurisation du Sahel est globale et les décisions qui ont été prises par les membres du G5 Sahel d’avoir une force conjointe avec des décisions spécifiques et de mettre dans cette force conjointe chacun des unités, je pense à un bataillon du Burkina, cette force là est assistée par la France ».

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Aussi, pour Yves Le Drian, si la France n’était pas intervenue en 2013 à la demande des autorités du Mali, il  ne serait pas là aujourd’hui à Ouaga parler de sécurité. « …Parce que la violence et la détermination des djihadistes à ce moment là était de sanctuariser le Mali en Etat de djihadisme et à partir de là d’être une plate forme de pénétration sur d’autres territoires.  Le fait qu’il y ait eu l’action de Barkhane ensuite a permis de réduire considérablement l’offensive djihadiste en particulier au Mali. Ce relais est pris aujourd’hui par la force conjointe même si Barkhane est toujours présente et prête à assister les forces en présence. Il y a une pénétration djihadiste plus fréquente au Burkina, il y a aussi une mobilisation de l’ensemble des acteurs pour éviter que cette recrudescence ne soit trop forte. Des combats positifs ont eu lieu tout récemment qui montrent  qu’il y aune capacité de riposte qui est au rendez-vous » a répondu le diplomate français à la question de savoir qu’est-ce qui explique que  six ans après Serval, la menace terroriste s’est diffusée dans tout le Sahel. Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ?

Enfin, s’il n’a pas voulu répondre à une dernière question sur l’identité des personnes qui attaquent le Burkina Faso (plusieurs attaques n’ont pas été revendiquées, NDLR), Jean Yves Le Drian reconnait que si la France soutient la force du G5 Sahel c’est par partenariat mais aussi pour sa propre sécurité. « La sécurité du Burkina Faso c’est aussi la sécurité de la France. C’est pourquoi nous sommes toujours dans le combat qui sera long, dans la ténacité et l’innovation de nos actions » a conclu le ministre français.

Philippe Kouhon, envoyé spécial au Burkina Faso

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Dernière modification le 20/10/2018

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