Surenchère à Libreville : déjà 2 ivoiriens arrêtés, vers une longue crise post électorale

Les autorités actuelles de Libreville ont-elles résolument décidé de poursuivre la surenchère visant à faire de la Côte d'Ivoire un bouc- émissaire dans le contentieux électoral en cours dans le pays ?


En dépit de l'excellence apparente des relations entre les deux chefs d'Etat et de la réaction immédiate de la présidence ivoirienne au sujet de l'ingérence supposée du conseiller Mamadi Diané , une avocat du pays a mis en cause la Côte d'Ivoire sans aucun rappel à l'ordre officiel de Libreville.

Par ailleurs , après l'arrestation non encore démentie de l'expert informatique ivoirien N'Cho Yao , pourtant totalement étranger aux faits , un autre ivoirien , en l'occurrence Yéo Sifiwoa , accusé par le gouvernement gabonais d’avoir falsifié les procès-verbaux de l’élection présidentielle du samedi 27 août 2016 , a été appréhendé par les forces de l’ordre au quartier général de M. Jean Ping, candidat à la présidentielle dudit pays , selon l’information donnée par le porte-parole du gouvernement Gabonais, Alain Claude Bilie By Nze , le vendredi 2 septembre 2016 sur la chaine française , France 24.

« Le QG du candidat Jean Ping a été quadrillé par des forces de l’ordre. À la suite des expertises faites dans ce QG , nous avons pu mettre la main sur l’hacker ivoirien qui a voulu tripatouiller l'élection présidentielle », a révélé le porte-parole du gouvernement gabonais, appelant les membres de l’opposition au calme et à la retenue.

Depuis l’annonce des résultats de l’électionprésidentielle le 31 août 2016 , le Gabon connaît une crise qui a fait au moins 5 morts , des blessés et un millier d’arrestations de manifestants et de membres de l’opposition.

La communauté internationale semble ne pas reconnaître les résultats de la commission chargée des élections , donnant Ali Bongo vainqueur .

Ces dits résultats sont contestés par le candidat Ping, qui réclame une vérification des procès verbaux d'une province du pays, qui a fait basculer les tendances qui étaient en faveur de l'opposition.

Faisant un parallèle avec la crise ivoirienne, des observateurs désignent le président sortant en l'affublant désormais du patronyme de l'ex-chef de l'Etat ivoirien : Ali Bongo Gbagbo. Pour son adversaire, cela donne Jean Ping Ouattara, avec l'ajout du patronyme de l'actuel numéro un ivoirien, soupçonné du reste d'intelligence avec lui par Libreville.

Personne n'ose prédire pour l'instant, combien de temps le refus de reconnaître sa défaite par Ali Gbagbo durera par rapport aux six mois et trois mille morts de la crise post électorale ivoirienne , alors que le Gabon a déjà enregistré ses premières victimes, et que le mandat présidentiel est de 7 ans.

Ali Bongo pourra-t-il supporter 7 ans de contestation ? L'usage des appareils idéologiques (répressifs) d'Etat suffira-t-il pour briser la contestation, et le refus de ses adversaires de se soumettre à son autorité ?

D'ici là le discours identitaire et souverainiste et la dénonciation des ingérences réelles ou imaginaires, comme le faisait le régime d'Abidjan, font partie du lexique de Libreville , qui espère ainsi mobiliser l'opinion africaine contre la communauté internationale.

Alice O et MB
Dernière modification le 02/09/2016

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