Financement du G5 Sahel-Alpha Barry : il faut que ce fonds soit géré par les africains eux-mêmes

 

Le lundi 18 juin 2018 au siège de l’Union européenne à Bruxelles, a eu lieu la 4e rencontre annuelle entre la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice présidente de la commission européenne, Mme Féderica Mogherini et les cinq ministres des affaires étrangères des pays du G5sahel ainsi que le secrétaire permanent du G5 Sahel.

Il s’agissait de renforcer le dialogue et la coopération dans des domaines d’intérêt commun, tels que le développement, la gouvernance dans les zones fragiles, et l’amélioration de la sécurité, y compris la lutte contre le terrorisme et les trafics illicites.

À la fin de la rencontre, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération du Burkina Faso, Alpha Barry s’est confié à la presse.

Sur la question du financement du G5 Sahel, il a dit : « Des annonces ont été faites en février dernier à Bruxelles; et il reste effectivement à entrer en possession de tout ce qui avait été annoncé. Pour le moment c’est en cours avec le Hub qui a été mis en place au niveau européen. Certains pays européens ont déjà mis la main à la poche. Néanmoins il reste encore d’autres pays; et il y a un travail en cours pour que le fonds fiduciaire qui a été crée au niveau du G5 Sahel soit pleinement opérationnel de sorte à ce qu’au lieu que le fonds aille chez les européens (logé dans les banques européennes, NDLR), il vienne directement au niveau du G5 Sahel, notamment au niveau du secrétariat permanent qui pourra mettre cet argent à la disposition de la force conjointe directement ou passer des commandes. Pour le moment ce n’est pas encore le cas. Le secrétariat permanent n’est pas encore outillé pour l’opérationnalisation de ce fonds. Nous avons fait ce constat et donné quelques pistes de réflexion pour mettre en place les structures adéquates de sorte que d’ici quelques mois le secrétariat permanent soit dans les capacités pour pouvoir recevoir ces fonds en provenance de nos partenaires occidentaux. Car si c’est de l’argent qui est destiné aux africains, alors on doit pouvoir les gérer nous-mêmes. S’agissant du montant de 414 millions d’euros promis le 23 février dernier par les donateurs internationaux, nous avons des pays qui ont fait des annonces de matériels et d’autres des annonces financières. Les financements sont en cours. Ici nous n’avons pas fait une évaluation exacte à l’euro ou au franc près. C’est un travail qui est en cours avec d’autres partenaires. Mais ce qui est vraiment important c’est le fait que du côté européen, avec le Hub qui a été mis en place, les commandes ont été faites, on attend les livraisons ».

Sur la question de la Coopération bilatérale Burkina Faso-UE, il a dit : « Au cours de la réunion bilatérale nous avons évoqué la coopération entre le Burkina et l’UE. Un pan de cette coopération a été abordé par le président du Faso, Rock Kaboré ici même à Bruxelles la semaine dernière avec la haute représentante de l’Union européenne, Mme Féderica Mogherini, mais également avec plusieurs autres responsables du l’UE. C’est une coopération qui marche bien. La preuve est que nous avons signé une convention de 50 millions d’euros en vue du financement du programme d’urgence pour le Sahel (PUS). Nous avons aussi fait part des derniers développements au pays. À savoir que des attaques ont eu lieu dans la partie Sud-Est du Burkina et montrent à quel point il est important qu’il y ait une action globale et générale. Nous avons aussi dit que le Burkina est un pays tampon entre la partie sahélienne et le reste de l’Afrique. De sorte que si nous ne maitrisons pas la situation au niveau du Burkina Faso cela peut avoir des conséquences sur le reste du continent ».

Et enfin sur le programme d’urgence pour le sahel (PUS) que le Burkina Faso est le tout premier à mettre en place, le chef de la diplomatie burkinabè a expliqué qu’au niveau de l’UE des discussions sont déjà engagées pour la mise en place de la conférence des partenaires sur le programme d’investissement prioritaire du g5 sahel (PIP) « même si cette réunion a été plusieurs fois reportée ». Il a ajouté que le Burkina Faso, mais aussi les autres pays du G5 Sahel tiennent à ce qu’il y ait cet accompagnement « parce que la réponse aux problèmes liés à la sécurité au Sahel ne peut pas être que militaire. Il faut un accompagnement en terme de développement. Cela passe par le PIP mais également par des programmes nationaux. Et notre pays a été le premier à avoir mis en place un programme national, le PUS. Et à ce niveau nous avons déjà un accompagnement de l’UE, mais qui est prête à faire beaucoup plus ».

La 5e réunionministérielle du G5 sahel se tiendra au Burkina Faso l’année prochaine. « Ce sera un plaisir et un honneur pour le Burkina d’accueillir la prochaine réunion entre la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice présidente de la commission européenne, Mme Féderica Mogherini et les cinq ministres des affaires étrangères des pays du G5sahel. Nous allons aussi nous préparer pour la présidence du G5 Sahel à partir de janvier 2019 » a conclu, Alpha Barry.

Philippe Kouhon, envoyé spécial à Bruxelles

Dernière modification le 18/06/2018

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Philippe Kouhon

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