30eme Sommet UA : entretien avec SEM Alaoui M’Hammdi, ambassadeur du Maroc

Le Maroc a rejoint l’UA en janvier 2017, après un exil de 33 ans que le pays s’était imposé de lui-même pour manifester son opposition à l’adhésion de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) au sein de l’UA. Dans cette interview, SEM Alaoui M’Hammdi, ambassadrice du Maroc à Addis Abeba explique la vision marocaine en Afrique.

Afrikipresse : Après avoir déserté des sommets de l’UA, le Maroc a signé son retour il y a un an. Pourquoi avoir quitté l’UA et pourquoi ce retour subit ?

SEM. Alaoui M’Hammdi : Je voudrais préciser que le Maroc n’a jamais déserté l’UA. Le Maroc est africain. Il l’a toujours été et le restera. Le royaume du Maroc, un an après son retour dans sa famille institutionnelle africaine, participe au sommet mais cette fois-ci avec une exposition sur le maintien de la paix, qu’il a développé pendant près de 60 ans en Afrique à un niveau bilatéral certes,  mais pendant plusieurs décennies. Aujourd’hui le Maroc ambitionne de partager cette expertise pour la paix, la stabilité et la sécurité en Afrique.   Ces trois thèmes sont devenus malheureusement récurrents sur notre continent. C’est une thématique qui est essentielle et nous avons besoin de nos efforts nous même pour réaliser cet objectif.

A côté de cela, le Maroc lors des travaux préparatoires compte contribuer à l’instar des autres pays membres aux efforts de réflexion, aussi de proposition dans les domaines communautaires et l’intégration régionale et surtout dans le domaine de l’immigration, et pour lequel sa majesté le Roi Mohamed VI a été le leader. Ce sommet sera l’occasion pour nous de présenter une vision, qui est celle d’une Afrique qui parle d’une seule et même voix. Beaucoup de nos jeunes périssent dans la mer méditerranée, périssent dans les déserts alors que nous avons tellement de potentiels dans nos pays respectifs.

Le Maroc est un pays de transit. Tout récemment des jeunes femmes ivoiriennes ont été violentées au Maroc. Quelle a été la réaction du gouvernement marocain ?
 
Ecoutez, je ne sais pas quelles sont vos sources d’information, mais ce que je peux vous dire, c’est qu’effectivement le Maroc est un pays de transit et d’accueil. Et qu’à cet égard il a développé, et il est précurseur en la matière, une politique d’accueil, d’installation des ressortissants étrangers sur son sol. Nous avons des droits et des lois. Nous avons une législation qui donne des droits à toutes ces personnes qui viennent chez nous.

Depuis un moment le Maroc est partout en Afrique. Et surtout en Côte d’Ivoire. Il est l’un des bailleurs de fonds de l’UA. On le compare parfois à la Lybie de Kadafi. Qu’est-ce qui fait courir le Maroc ?

Je ne crois pas que cette comparaison soit fondée ou appropriée. Le Maroc a des relations séculaires avec le reste des pays d’Afrique. Nous parlons de siècle de brassage humain, de relation commerciale et ces dernières décennies, le Maroc est le premier investisseur en Afrique de l’ouest. A l’échelle continentale, nous avons la chance d’avoir des groupes, des sociétés qui ont très tôt compris l’intérêt de se projeter sur le marché économique du continent africain et elles le font très bien. Je crois que nous avons ouvert la voie à d’autres pays d’Afrique du Nord. Et si le Maroc le fait ainsi, c’est parce qu’il fait partie du continent africain et ses efforts sont après tout africains. S’agissant de la Côte d’Ivoire, c’est un engagement qui est exprimé au plus haut niveau. Sa majesté depuis son intronisation a tenu à exprimer cet engagement personnel à travers plusieurs visites officielles qu’il a effectuées dans plusieurs pays d’Afrique. Et avec la Côte d’Ivoire, ce sont des liens de fraternité, des liens humains, des liens économiques. Le Maroc et la Côte d’Ivoire jouissent des relations tellement intimes que nous avons une identité de vue pratiquement dans tous les domaines.

Où en êtes-vous avec le dossier de la République Arabe Sahraouie ?

Cette question est traitée dans le cadre de l’ONU. Nous avons toujours plaidé en faveur d’une action réunissant toutes les parties concernées, y compris l’Algérie pour trouver une suite durable dans cette affaire. Nous avons aussi proposé un plan d’autonomie, nous avons tendu la main, et nous attendons il y longtemps que la même volonté de trouver une solution durable à ce différend régional,  soit partagée par toutes les parties concernées.

Philippe Kouhon, envoyé spécial à Addis Abeba

Sur le même sujet

Lire aussi>> 30e Sommet UA-Moussa Faki Mahamat : « l’Afrique n’est rien du tout sans... »

Lire aussi>> 30e Sommet UA : mobiliser les femmes autour de la lutte contre la corruption

Lire aussi>> 30e Sommet UA : atouts et zones d’ombres d’Addis Abeba, capitale de l’Afrique

Lire aussi>> 30eme Sommet UA : échos de la longue quête d’une intégration encore inachevée

Lire aussi>> 30e sommet UA : des réalités sur l’éducation des filles et des femmes exposées

Lire aussi>> Addis-Abeba : les temps forts 30e sommet de Union africaine dévoilés

Lire aussi>> 30 ème Sommet UA : l’Ivoirien Ouattara demain à Addis Abeba, le Nepad en attraction

Lire aussi>> 30eme Sommet à Addis-Abeba : pour 2018, voici les priorités proposées à l’Union africaine

Dernière modification le 26/01/2018

A propos de l'auteur

Philippe Kouhon

E-mail Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 

Site d'actualité et d'informations en continu sur l'Afrique francophone‎ et le monde.

 

Vos informations également disponibles dans votre magazine en version Pdf sur le site, et en kiosque en France, Belgique et plusieurs pays d'Afrique francophone.

Derniers articles

Les plus populaires

Newsletter

Soyez au courant de toutes les news, inscrivez-vous à notre Newsletter!